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ÉCONOMIE

Faut-il permettre aux Français d’hériter plus tôt ?

Source unique·il y a 21 j

Le gouvernement français propose de faciliter les donations entre générations pour rajeunir la détention du patrimoine et stimuler l’économie, une mesure qui interroge autant son efficacité que son équité. Alors que l’âge moyen de l’héritage atteint désormais 53 ans, les économistes soulignent les limites d’un dispositif ciblant principalement les ménages aisés, sans garantie de relancer l’investissement ou la consommation des jeunes générations.

Quelles sont les mesures concrètes proposées par le gouvernement pour faciliter les donations ?

Le gouvernement envisage de relever temporairement le plafond d’exonération des dons familiaux de 31 865 à 50 000 euros, tout en ramenant le taux progressif de taxation des dons familiaux à un niveau fixe de 6 % pour les montants inférieurs à 100 000 euros par donateur et par bénéficiaire majeur, dans la limite de 100 000 euros par don.

Pourquoi les économistes doutent-ils de l’impact réel de ces mesures sur la circulation du patrimoine ?

Les plafonds actuels d’exonération sont déjà peu utilisés, car peu de Français peuvent se permettre des dons aussi importants de leur vivant. En 2024, seulement 6,9 % des Français ont déjà fait une donation, et les montants les plus fréquents étaient inférieurs à 30 000 euros, limitant ainsi la portée des nouvelles mesures.

Quels sont les risques d’inégalités associés à ces propositions ?

Les donations du vivant sont encore plus inégalement réparties que les héritages : en 2024, le patrimoine net médian des ménages ayant reçu une donation (346 900 euros) dépassait largement celui des ménages héritiers (274 800 euros). Les économistes craignent que ces mesures ne profitent principalement aux plus aisés, renforçant les inégalités intergénérationnelles.

Quelles alternatives sont avancées par les économistes pour concilier rajeunissement du capital et justice sociale ?

Des propositions comme l’instauration d’un « héritage pour tous » (dotant chaque jeune de 25 ans d’un capital de 120 000 euros) ou la création de placements de long terme exonérés de droits de succession, couplée à une taxation renforcée des héritages, sont suggérées pour redistribuer les richesses et financer des investissements publics.

Ce que ça pourrait changer

Si ces mesures peuvent effectivement accélérer la transmission du patrimoine au sein des familles aisées, elles risquent de creuser les inégalités sans garantie d’un impact macroéconomique significatif. Leur adoption pourrait aussi réduire les recettes fiscales, limitant la capacité de l’État à financer des politiques publiques redistributives ou écologiques.

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