Les taxis à l’aéroport de Montréal seront à l’arrêt dimanche pour protester contre Taxelco
La grève des chauffeurs de taxi à l’aéroport Montréal-Trudeau ce dimanche illustre l’escalade des tensions entre les travailleurs du secteur et Taxelco, l’entreprise privée désormais gestionnaire exclusive des services de taxi sur le site. Leur mobilisation, troisième en un mois, révèle les fractures croissantes autour des nouvelles conditions imposées par le monopole privé, entre hausse des coûts d’accès et obligations publicitaires contestées, dans un contexte où la viabilité économique des chauffeurs est directement menacée.
Quelles sont les revendications précises des chauffeurs de taxi en grève ?
Les chauffeurs dénoncent principalement deux mesures de Taxelco : d’une part, des frais mensuels dépassant 800 $ pour accéder à l’aéroport, jugés insoutenables, et d’autre part, l’obligation de louer des dômes publicitaires à l’effigie de l’entreprise, facturés 250 $ de dépôt, 75 $ d’installation puis 9,20 $ par semaine. Ces deux dispositifs sont perçus comme une imposition unilatérale qui réduit leurs revenus sans contrepartie claire.
Pourquoi les chauffeurs misent-ils sur le dimanche pour amplifier leur protestation ?
Le dimanche correspond à une période de fort achalandage à l’aéroport, avec un afflux plus important de voyageurs. Les organisateurs, regroupés au sein du Groupement des Chauffeurs travaillant à l’Aéroport de Montréal (GCTAM), espèrent ainsi maximiser l’impact médiatique et économique de leur arrêt de travail, en perturbant un flux de clients habituellement dense.
Quels acteurs pourraient rejoindre la mobilisation et pourquoi ?
Le GCTAM appelle les chauffeurs affiliés à Taxelco du centre-ville et de Longueuil à se joindre à la grève, en refusant de répondre aux appels de l’entreprise ce dimanche. Cette solidarité vise à étendre la pression sur Taxelco, dont les chauffeurs craignent que les obligations imposées à l’aéroport ne s’étendent à l’ensemble du territoire montréalais.
Quel est l’état actuel des négociations entre les chauffeurs et Taxelco ?
Les échanges sont au point mort : malgré trois mobilisations en un mois, Taxelco n’a pas cédé aux demandes des chauffeurs, et les discussions semblent bloquées par des enjeux juridiques en cours. L’entreprise, qui gère les services de taxi pour le compte d’Aéroports de Montréal (ADM), se retranche derrière ses obligations contractuelles et son rôle dans la lutte contre les taxis illégaux, sans proposer de compromis.
Ce que ça pourrait changer
Cette crise pourrait s’aggraver si Taxelco maintient sa ligne dure, risquant une radicalisation des chauffeurs ou une escalade des actions collectives, comme la demande d’action en justice déposée à la Cour. À plus long terme, la viabilité du modèle économique des taxis indépendants à Montréal-Trudeau pourrait être remise en cause, avec des répercussions sur la qualité du service et la concurrence dans le secteur. La situation interroge aussi le rôle des monopoles privés dans la gestion des infrastructures publiques, surtout quand leurs décisions affectent directement les travailleurs.

