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Les taxis à l’aéroport de Montréal seront à l’arrêt dimanche pour protester contre Taxelco

Le Devoir · mis à jour il y a 7 j

Des chauffeurs refuseront de prendre des passagers entre 14h et 20h pour manifester contre des décisions de Taxelco..

Grève des taxis à Montréal

Dimanche, entre 14h et 20h, les chauffeurs de taxi de l’aéroport Montréal-Trudeau organiseront une grève de six heures pour protester contre l’entreprise Taxelco. Cette mobilisation, la troisième en un mois, vise à bloquer l’embarquement des passagers pendant cette période de fort achalandage, c’est-à-dire un moment où l’aéroport est très fréquenté. Les chauffeurs affiliés au Groupement des Chauffeurs travaillant à l’Aéroport de Montréal (GCTAM) refusent de prendre des clients pour dénoncer les décisions de Taxelco, qui détient désormais le monopole des taxis à l’aéroport depuis mai 2025. L’objectif est d’amplifier leur message en profitant du grand nombre de voyageurs ce jour-là.

Hausse des coûts pour les chauffeurs

Depuis que Taxelco gère les taxis à l’aéroport, les chauffeurs doivent payer des frais mensuels de plus de 800 $ pour accéder à la plateforme d’embarquement. Cette somme s’ajoute à d’autres dépenses, comme la location obligatoire de dômes (des structures publicitaires à l’effigie de Taxelco) au prix de 250 $ de dépôt, 75 $ d’installation et 9,20 $ par semaine. Les chauffeurs dénoncent une hausse progressive des coûts qui rend leur travail moins rentable, certains peinant même à atteindre un salaire viable. Guercy Émond, président du GCTAM, qualifie cette situation d’injustice, car Taxelco profite de cette publicité sans en assumer le coût.

Menaces de sanctions

Pour protester contre la location des dômes, plusieurs chauffeurs ont refusé de payer cette installation. En réponse, Taxelco a envoyé une notice (un avertissement officiel) à certains d’entre eux, les informant qu’ils pourraient perdre leur autorisation de travailler à l’aéroport. Cette mesure a exacerbé la colère des chauffeurs, qui craignent que Taxelco étende cette obligation à tous les taxis affiliés, y compris ceux du centre-ville de Montréal ou de Longueuil. Le GCTAM a donc appelé à la solidarité en invitant ces chauffeurs à ne pas répondre aux appels de Taxelco et à ne pas se rendre à l’aéroport dimanche, afin d’amplifier la pression sur l’entreprise.

Réponse de Taxelco et enjeux juridiques

Taxelco, contactée par le Devoir, a déclaré qu’elle était au courant de la mobilisation mais qu’elle ne pouvait pas commenter en détail car les enjeux sont actuellement devant les tribunaux. L’entreprise assure que les services de taxi fonctionnent normalement et qu’elle respecte ses engagements avec Aéroports de Montréal (ADM), notamment en luttant contre les taxis illégaux. Elle remercie les chauffeurs qui continuent de travailler. Parallèlement, le GCTAM a déposé une demande pour une action collective (une procédure juridique permettant à un groupe de personnes de se regrouper pour poursuivre une entreprise) contre Taxelco. Selon les documents judiciaires, 535 véhicules seraient affectés par la hausse des coûts depuis l’arrivée de Taxelco à l’aéroport.

Ce que ça pourrait changer

Le GCTAM espère que cette troisième grève incitera Taxelco à engager des négociations pour trouver un compromis. Jusqu’à présent, leurs précédentes mobilisations n’ont pas abouti à des discussions. Les chauffeurs réclament une réduction des frais d’accès à l’aéroport et une annulation de l’obligation de louer les dômes publicitaires. Ils craignent que Taxelco, en imposant ces mesures à l’aéroport, ne les généralise ensuite à tous ses chauffeurs. Guercy Émond souligne que cette grève vise aussi à alerter le public sur leur situation précaire, alors que leurs revenus diminuent face à l’augmentation des coûts imposés par l’entreprise.

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