NapseflowNapseflow
Recherche

Pourquoi le prix du bois chute-t-il après un incendie ou une tempête ?

The Conversation France · mis à jour il y a 4 j

Coupes massives après l’incendie de La Teste-de-Buch (Gironde), en 2022. Source : Marielle Brunette.

Bois endommagé exploitable

Après une tempête ou un incendie, de nombreux arbres sont endommagés mais restent exploitables si leur bois est récolté rapidement. Ce bois peut servir à la construction ou à la production d'énergie, même s'il perd une partie de sa valeur commerciale. Une partie des arbres ne sera jamais récoltée car leur exploitation ne serait pas rentable. Cependant, le bois endommagé doit être traité rapidement pour éviter sa dégradation et préserver sa valeur. Cela crée un afflux massif de bois sur le marché, mais la filière forêt-bois ne peut pas toujours absorber cette quantité en peu de temps, ce qui fait baisser les prix.

Difficultés d'exploitation

L'exploitation des arbres endommagés est complexe et coûteuse. Les entreprises de travaux forestiers (ETF), qui réalisent 80% des exploitations en France, font face à des difficultés de recrutement et à des conditions de travail exigeantes et dangereuses. Par exemple, les chablis (arbres renversés ou brisés par le vent) sont particulièrement difficiles à exploiter car ils sont enchevêtrés au sol. Pour compenser ces surcoûts, les pouvoirs publics ont mis en place un surcoût forfaitaire d'exploitation de 10 euros par mètre cube après des tempêtes comme celles de 1999 ou 2009. Malgré ces aides, la capacité de récolte reste limitée face à l'augmentation brutale du volume à exploiter.

Logistique et transformation

La logistique joue un rôle clé dans la gestion du bois après une catastrophe. Les arbres abattus doivent être transportés, stockés et transformés rapidement pour éviter leur dégradation. Une technique utilisée est le stockage sous aspersion, qui consiste à arroser en continu le bois pour limiter l'action des champignons et des insectes. Par exemple, après la tempête Caetano en 2024 en Savoie, 60 000 mètres cubes de chablis ont dû être évacués en urgence. Cependant, l'industrie de transformation, comme les scieries, est en déclin en France : on comptait 1 214 scieries en 2022 contre 9 000 en 1973. La France importe aussi chaque année environ 2 millions de mètres cubes de sciages résineux, car 80% de sa production concerne des feuillus alors que la demande porte surtout sur des résineux.

Choc d'offre et baisse des prix

L'afflux massif de bois sur le marché après une catastrophe crée un choc d'offre, où l'offre dépasse largement la demande. En économie, plus un produit est disponible, plus son prix baisse. C'est ce qui s'est produit après les tempêtes de 1999 et 2009 : le prix du pin maritime a chuté de près de 60% après la tempête Klaus en 2009. Un phénomène similaire a été observé en République tchèque en 2018, où la crise des scolytes a fait baisser les prix du bois de 73%. La baisse des prix est plus forte lorsque les dommages sont concentrés dans une zone restreinte et que le bois est homogène en essence et en usage, comme ce fut le cas pour le pin maritime dans le Sud-Ouest après la tempête Klaus.

Effet retard et hausse future

Une baisse brutale des prix du bois après une catastrophe peut être suivie d'une hausse quelques années plus tard. En effet, l'afflux de bois aujourd'hui signifie moins de bois disponible demain, car les arbres mettent du temps à pousser. Par exemple, le prix du pin maritime a chuté après la tempête Klaus en 2009, puis a progressivement remonté jusqu'à atteindre deux fois son prix d'avant tempête, passant d'environ 25 euros par mètre cube en 2005 à 50 euros en 2018. Ce décalage entre offre et demande peut accentuer la volatilité des prix du bois sur le long terme.

Solutions pour limiter les chutes

Plusieurs solutions existent pour limiter les chutes de prix après une catastrophe. Les propriétaires peuvent utiliser des contrats d'approvisionnement fixant une date de récolte et un prix, mais ces contrats ne sont pas adaptés aux aléas naturels. Une autre solution consiste à demander aux propriétaires non touchés de décaler leur récolte pour éviter une saturation du marché. Des politiques publiques peuvent aussi être mises en place, comme le stockage des bois sur des aires spécifiques pour lisser l'offre dans le temps, ou des subventions au transport pour faciliter la circulation des bois. Enfin, la fixation d'un prix plancher a été discutée mais jamais appliquée.

Ce que ça pourrait changer

Le changement climatique augmente la fréquence et l'intensité des aléas naturels, comme les tempêtes, les incendies ou les attaques de scolytes. Certaines zones, comme le Sud-Ouest de la France, subissent des crises successives : sécheresse en 2021, incendies en 2022, attaques de scolytes, tempête Nils en 2026 et grands incendies en 2026. Ces risques en cascade accentuent l'instabilité du marché du bois et rendent les prix plus volatils. Les propriétaires forestiers doivent donc s'adapter à cette nouvelle réalité pour limiter les impacts économiques.

Sujets complémentaires
Mouvement lycéen : au-delà des revendications matérielles et de Parcoursup, un appel à rompre avec le « monde d’hier »
Le mouvement lycéen frappe par son ampleur, touchant des établissements jusqu’ici peu mobilisés. Au-delà d’un manque de moyens dans l’éducation, les manifestants dénoncent la pression d’un système toujours plus compétitif. Ce désir de « renverser la table » révèle l’urgence de repenser le dialogue démocratique, souligne le sociologue et ethnographe Romain Huët. Entretien. The Conversation : Le mouvement lycéen amorcé fin septembre 2026 a été qualifié d’inédit par nombre d’observateurs. Qu’est-ce qui le distingue de précédentes mobilisations de la jeunesse ? Romain Huët : Le premier point à signaler, c’est le caractère assez massif du mouvement. Des établissements qui, jusqu’à présent, n’avaient jamais fait l’objet de perturbations sont touchés. On a ainsi vu des universités ou des écoles privées où les conditions matérielles sont tout à fait satisfaisantes se mobiliser par solidarité. Cela montre que l’
Lecture : où sont les hommes ?
L’ESSENTIEL Dans les discours de déploration sur la lecture, les jeunes font figure de cibles privilégiées. Pourtant, il est une autre catégorie qui se distingue par des pratiques de lecture en berne : les hommes. Comment expliquer ce désinvestissement ? Et pourquoi les femmes s’intéressent-elles bien davantage à la lecture ? Un rapport de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche, publié en octobre 2025, fait le point sur les études montrant la faiblesse des performances des garçons en lecture par rapport aux filles. Et <a href="https://www.education.gouv.fr/depp/pisa-2025-les-acquis-des-eleves-de

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.