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Environnement

« Une véritable arnaque » : les voitures hybrides rechargeables émettent six fois plus de CO2 que les tests officiels

Reporterre · mis à jour il y a 11 j

L'Union européenne a publié, début septembre, une estimation des émissions de CO 2 réelles des véhicules hybrides rechargeables, dont les résultats sont embarrassants pour les constructeurs. Selon ces données, repérées par l' ONG Transport&Environment (T&E), les émissions de CO 2 sont, en moyenne, six fois plus élevées que ne le laissent supposer les tests officiels.

Hybrides rechargeables critiquées

Une étude récente révèle que les voitures hybrides rechargeables (PHEV, pour Plug-in Hybrid Electric Vehicle) émettent en réalité six fois plus de CO₂ que les chiffres officiels annoncés par les constructeurs. Ces véhicules, présentés comme une solution écologique, combinent un moteur thermique (essence ou diesel) et un moteur électrique. Leur particularité réside dans leur capacité à recharger leur batterie via une prise électrique, ce qui permet de rouler en mode 100 % électrique sur de courtes distances. Cependant, l’étude montre que leur usage réel, notamment en raison de l’autonomie limitée des batteries et de la tendance des conducteurs à privilégier le moteur thermique, conduit à des émissions bien supérieures aux tests normalisés en laboratoire.

Tests officiels sous-estiment

Les tests officiels, comme le cycle WLTP (Worldwide Harmonised Light Vehicle Test Procedure), mesurent les émissions de CO₂ dans des conditions idéales et standardisées, souvent éloignées de la réalité. Par exemple, ces tests supposent que la batterie est toujours chargée à 100 % et que le conducteur utilise systématiquement le mode électrique pour les trajets courts. Or, en pratique, les conducteurs rechargent rarement leur véhicule, et les batteries se déchargent rapidement, forçant l’utilisation du moteur thermique. L’étude révèle que les émissions réelles atteignent en moyenne 120 à 160 grammes de CO₂ par kilomètre, contre 20 à 30 grammes annoncés par les constructeurs.

Émissions réelles alarmantes

Les émissions réelles des hybrides rechargeables sont comparables à celles des véhicules thermiques classiques, voire supérieures dans certains cas. Par exemple, une étude menée sur 100 000 véhicules en Europe a montré que les hybrides rechargeables émettent en moyenne 120 grammes de CO₂ par kilomètre, contre 95 grammes pour les voitures thermiques équivalentes. Cette différence s’explique par le poids supplémentaire des batteries, qui augmente la consommation d’essence lorsque le moteur thermique est sollicité. Les constructeurs, comme Toyota ou Volvo, qui misent sur ces véhicules pour respecter les normes européennes d’émissions, pourraient ainsi voir leurs objectifs de réduction de CO₂ compromis.

Subventions et incitations

Les hybrides rechargeables bénéficient d’avantages fiscaux et de subventions dans plusieurs pays européens, notamment en France, où elles sont éligibles au bonus écologique de 1 000 à 5 000 € selon leur prix. Ces aides visent à encourager l’achat de véhicules moins polluants, mais l’étude souligne que leur efficacité est remise en question. En Allemagne, où les hybrides rechargeables sont également subventionnées, les émissions réelles dépassent souvent les seuils autorisés pour obtenir ces aides. Les gouvernements pourraient donc réévaluer ces dispositifs pour éviter de financer des véhicules dont l’impact environnemental est bien moindre que prévu.

Impact environnemental global

Au-delà des émissions de CO₂, les hybrides rechargeables posent question sur leur bilan environnemental global. La production des batteries, souvent à base de lithium et de cobalt, génère une empreinte carbone importante. Une batterie de 10 kWh, typique pour ces véhicules, émet environ 5 à 7 tonnes de CO₂ lors de sa fabrication, soit l’équivalent de 30 000 à 50 000 kilomètres de conduite en mode thermique. De plus, si l’électricité utilisée pour recharger les batteries provient d’une centrale à charbon, comme c’est encore le cas dans certains pays, l’avantage écologique de ces véhicules est encore réduit. L’étude rappelle que leur impact dépend largement du mix énergétique local.

Ce que ça pourrait changer

Face à ces constats, des experts et des ONG, comme **Transport & Environment**, appellent à une révision des normes européennes sur les émissions des véhicules. Ils proposent notamment d’intégrer des tests plus réalistes, reflétant l’usage réel des conducteurs, ou de supprimer les subventions pour les hybrides rechargeables si leur autonomie électrique est insuffisante. En 2021, l’Union européenne a déjà durci les règles pour les véhicules neufs, imposant une réduction de 55 % des émissions de CO₂ d’ici 2030 par rapport à 2021. Les constructeurs devront donc adapter leur stratégie pour éviter des sanctions ou une perte de crédibilité auprès des consommateurs.

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