La ville de New York a dissimulé des informations sur la qualité de l’air après le 11 Septembre
Zohran Mamdani a annoncé la publication de documents révélant, selon lui, des dissimulations de la ville sur le sujet..
En septembre 2026, le maire de New York, Zohran Mamdani, a annoncé la publication de dizaines de milliers de documents internes de la ville, révélant des dissimulations concernant la qualité de l’air après les attentats du 11 septembre 2001. Ces documents, rendus publics après un accord avec l’association 9/11 Health Watch, montrent ce que la ville savait sur la toxicité de l’air autour de Ground Zero (le site du World Trade Center), quand elle en a eu connaissance et comment elle a tenté de limiter sa responsabilité juridique. L’objectif de cette publication est de répondre à une question centrale : que savait la ville des dangers liés au nuage toxique, et à quel moment ? Parmi les 173 000 documents publiés initialement, certains évoquent des discussions internes de l’administration de Rudy Giuliani, maire au moment des attaques, ainsi que des préoccupations exprimées sous le mandat de Michael Bloomberg, qui a pris ses fonctions à l’hiver 2002.
Les attentats du 11 septembre 2001 ont causé la mort de 2 977 personnes aux États-Unis, principalement à New York. Cependant, les conséquences sanitaires se sont étendues bien au-delà de cette date tragique. Selon le programme fédéral mis en place pour suivre les victimes, plus de 9 400 personnes sont mortes depuis des maladies liées à leur exposition aux poussières et aux polluants présents après l’effondrement des tours du World Trade Center. Ces polluants, issus du nuage de poussière initial et des résidus persistants pendant des mois, ont provoqué des cancers et d’autres maladies chez des milliers de New-Yorkais. Le comédien Jon Stewart, figure emblématique de la défense des victimes, a souligné que les habitants du sud de Manhattan savaient déjà que l’air était contaminé, avec des substances toxiques présentes sur les rebords de fenêtres, dans les sols et les climatiseurs pendant des mois après les attaques.
Les documents publiés mettent en cause deux anciens maires de New York : Rudy Giuliani, en poste lors des attentats du 11 septembre 2001, et Michael Bloomberg, qui a pris ses fonctions à l’hiver 2002. Selon l’avocat en chef de la ville, Steven Banks, certains documents révèlent des discussions internes de l’administration Giuliani concernant sa responsabilité juridique et les risques sanitaires encourus par les habitants et les secouristes exposés aux poussières toxiques. D’autres documents, datant de la période Bloomberg, évoquent des inquiétudes exprimées par le représentant au Congrès Jerry Nadler concernant la qualité de l’air respiré par les résidents du sud de Manhattan. Les entourages des deux anciens maires n’ont pas réagi immédiatement aux révélations. Le maire actuel, Zohran Mamdani, a refusé de nommer explicitement les responsables, indiquant simplement que « cela concerne un grand nombre de personnes auxquelles les New-Yorkais ont fait confiance ».
La publication de ces documents fait suite à une décision de justice obtenue par l’association 9/11 Health Watch, qui avait saisi les tribunaux pour contraindre la ville à rendre publics ces éléments. Cette transparence, inédite après 25 ans de silence, a été saluée par Ben Chevat, directeur de l’association, qui a remercié le maire Mamdani d’être « le premier maire, en 25 ans, à commencer enfin à répondre à la question : “Que savait la ville des dangers liés au nuage toxique à Ground Zero, et quand en a-t-elle eu connaissance ?” ». La publication des documents se fera par vagues sur une période de 12 mois, permettant une analyse progressive des informations. Cette démarche vise à établir les responsabilités et à reconnaître les souffrances des victimes, dont beaucoup continuent de lutter contre des maladies liées à leur exposition aux attentats.
Le 11 septembre 2001, quatre avions détournés par des pirates de l’air ont percuté des cibles aux États-Unis. Deux avions ont frappé les tours du World Trade Center à New York, un troisième a endommagé le Pentagone en Virginie, et un quatrième s’est écrasé en Pennsylvanie après une intervention des passagers. Ces attaques ont marqué un tournant dans l’histoire américaine et mondiale, avec des conséquences durables sur la santé des New-Yorkais. Le site du World Trade Center, surnommé *Ground Zero*, est devenu un symbole de la résilience, mais aussi de la tragédie et des controverses sanitaires qui ont suivi. Les poussières et débris issus de l’effondrement des tours ont contaminé l’air, les sols et les bâtiments environnants pendant des mois, exposant des milliers de personnes à des substances toxiques.

