Comment aider les cybercriminels sans le savoir
Un « logiciel malveillant » invisible transforme des millions de boîtiers télé en outils d'espionnage. - Juillet / Technologie , Cyberguerre , Renseignement.
Depuis plusieurs années, les tensions entre les États-Unis et la Chine ne se limitent plus aux domaines économique ou militaire conventionnel : elles s’étendent désormais dans le cyberespace, un terme désignant l’univers numérique où circulent données, communications et infrastructures critiques. En 2026, ces deux puissances s’affrontent discrètement via des attaques informatiques, des vols de données et des manipulations de systèmes. Par exemple, des rapports indiquent que des groupes soutenus par Pékin auraient infiltré des réseaux américains pour y voler des secrets industriels ou militaires, tandis que Washington riposterait en ciblant des infrastructures chinoises. Ces opérations, souvent qualifiées de cyberguerre, visent à affaiblir l’adversaire sans déclencher de conflit ouvert. Les acteurs impliqués incluent des agences de renseignement comme la NSA (agence américaine) ou le MSS (service de sécurité chinois), ainsi que des hackers soutenus par ces États.
Les cybercriminels, souvent motivés par l’appât du gain, jouent un rôle indirect mais crucial dans ces tensions. En effet, leurs attaques (comme le ransomware ou le phishing) peuvent servir de couverture ou de diversion pour des opérations de renseignement. Par exemple, un groupe de pirates informels pourrait cibler une entreprise américaine, tandis qu’en parallèle, des agents chinois en profiteraient pour s’infiltrer dans ses systèmes. Les chiffres montrent que les attaques par ransomware ont augmenté de 40 % en 2025, avec des pertes estimées à 10 milliards de dollars pour les entreprises. Ces cybercriminels agissent parfois sans savoir qu’ils servent des intérêts géopolitiques, car leurs outils ou leurs données sont récupérés par des États. Leur manque de coordination avec les services de renseignement les rend vulnérables à une exploitation par des acteurs malveillants plus organisés.
Les outils utilisés par les cybercriminels sont souvent des logiciels légitimes détournés à des fins malveillantes. Par exemple, des programmes comme Metasploit (un framework de test de sécurité) ou Cobalt Strike (un outil de simulation d’attaques) sont régulièrement piratés pour infiltrer des réseaux. Ces logiciels, initialement conçus pour aider les entreprises à sécuriser leurs systèmes, deviennent des armes lorsqu’ils sont modifiés par des pirates. En 2026, une étude révèle que 60 % des attaques contre des infrastructures critiques aux États-Unis ont exploité des outils initialement légaux. Les cybercriminels les achètent parfois sur des dark markets (marchés clandestins en ligne) ou les récupèrent après des fuites de données. Une fois entre les mains d’États ou de groupes organisés, ces outils permettent des intrusions sophistiquées, difficiles à attribuer.
Les infrastructures numériques, comme les serveurs cloud ou les réseaux de télécommunications, sont au cœur des enjeux de cyberguerre. En Chine, des entreprises comme Huawei ou Tencent sont régulièrement pointées du doigt pour leur proximité avec l’État, ce qui soulève des questions sur leur implication dans des opérations d’espionnage. Aux États-Unis, des géants comme Microsoft ou Google sont contraints de collaborer avec les autorités pour se protéger, tout en devant respecter des réglementations strictes. Par exemple, en 2025, une faille dans un logiciel de Microsoft a permis à des pirates chinois d’accéder à des données gouvernementales. Ces incidents illustrent comment des acteurs privés, souvent malgré eux, deviennent des maillons essentiels dans les stratégies de cyberguerre, en fournissant des accès ou des ressources aux belligérants.
Les citoyens sont indirectement touchés par ces conflits numériques, même s’ils n’en ont pas toujours conscience. Par exemple, une attaque contre un fournisseur d’énergie pourrait entraîner des coupures de courant, tandis qu’un vol de données personnelles (comme des numéros de sécurité sociale) pourrait faciliter des fraudes. En 2026, une enquête montre que 1 citoyen américain sur 3 a été victime d’une cyberattaque au cours des 12 derniers mois, avec des pertes moyennes de 500 € par personne. Ces incidents ne sont pas toujours liés à des États : des cybercriminels profitent de la confusion pour multiplier les arnaques. Les gouvernements tentent de sensibiliser la population via des campagnes de prévention, mais la méfiance envers les outils numériques (comme les applications mobiles ou les réseaux sociaux) reste élevée, en partie à cause de ces tensions géopolitiques.

