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Géopolitique

La COP17 sur la désertification s’est terminée sans accord sur la sécheresse

Courrier International · mis à jour il y a 3 h

Réunis pendant quinze jours à Oulan-Bator pour la 17ᵉ conférence de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, les pays participants ne sont toujours pas parvenus à un accord sur la sécheresse. Les discussions sur le sujet sont reportées à la COP18, en 2028..

COP17 sur la désertification

La COP17 désigne la 17e conférence des Nations unies sur la lutte contre la désertification, qui s'est tenue à Oulan-Bator, en Mongolie, du 14 au 28 août 2026. Les COP (Conférences des Parties) sont des rencontres internationales organisées dans le cadre de conventions onusiennes pour aborder des enjeux environnementaux globaux. Cette édition a réuni des représentants de 196 pays, ainsi que des peuples autochtones et des acteurs de la société civile. L'objectif principal de ces conférences est de trouver des solutions communes pour lutter contre la dégradation des terres, un phénomène qui touche environ 40 % des terres émergées dans le monde et menace la sécurité alimentaire et la biodiversité. Cependant, contrairement aux attentes, aucun accord contraignant n'a été adopté lors de cette session, notamment sur la question de la sécheresse.

Échec sur la sécheresse

Les pays africains, particulièrement touchés par la sécheresse, militaient depuis une dizaine d'années pour l'adoption d'un protocole international visant à mieux gérer les risques liés à ce phénomène. Ce protocole aurait permis de reconnaître officiellement la sécheresse comme un problème nécessitant une réponse coordonnée à l'échelle régionale et mondiale, et non uniquement nationale. L'objectif était d'ouvrir la voie à un financement accru pour garantir l'accès à l'eau en période de pénurie. Cependant, les pays les plus riches ont bloqué cette initiative, arguant qu'une solution moins contraignante juridiquement serait plus rapide et moins coûteuse à mettre en œuvre. Les négociations ont donc été reportées à la COP18, prévue en 2028 en Égypte.

Exclusion des peuples autochtones

Lors de la COP17, des représentants des peuples autochtones ont dénoncé leur exclusion des espaces de décision, une situation qualifiée de profonde déception par l'une d'entre elles. Ces peuples, qui vivent souvent sur des terres directement affectées par la désertification, jouent un rôle clé dans la préservation des sols et des écosystèmes. Leur exclusion des discussions limite leur capacité à influencer les décisions qui les concernent. Une manifestante a souligné que restaurer les sols en faisant taire les voix de ceux qui veillent sur eux était une contradiction, rappelant l'importance de leur expertise locale dans la gestion des terres.

Engagements financiers limités

Malgré l'absence d'accord sur la sécheresse, la COP17 a permis d'annoncer de nouveaux engagements financiers pour la restauration des terres et la résilience face à la sécheresse. Ces engagements s'élèvent à environ 644,5 millions de dollars (soit 556 millions d'euros), selon le World Resources Institute. Cependant, ce montant reste très en deçà des besoins réels. Pour honorer les engagements mondiaux déjà pris en matière de restauration des terres, il faudrait investir environ 355 milliards de dollars par an jusqu'en 2030. Les nouveaux engagements, bien que bienvenus, ne couvrent qu'une infime partie de ces besoins, soulignant le manque de moyens financiers alloués à cette crise.

Ce que ça pourrait changer

La COP17 s'est conclue sans grand éclat, laissant un sentiment de désillusion parmi les participants. Le ministre mongol présidant les discussions s'est tout de même félicité d'un *consensus trouvé par les gouvernements sur plusieurs sujets litigieux*, sans préciser lesquels. Les questions non résolues, dont la sécheresse, ont été reportées à la COP18 en 2028. Cette conférence, comme les précédentes, illustre les difficultés à concilier les intérêts divergents des pays, notamment entre ceux du Nord et du Sud, ainsi que les tensions entre les approches juridiques contraignantes et les solutions plus souples mais moins efficaces. Les prochaines étapes dépendront de la capacité des États à dépasser ces blocages.

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