Trisomie 21 : l'Académie des Sciences rappelle la découverte de Marthe Gautier et soutient l'autrice Élisabeth Bouchaud
L'institution apporte son soutien à l'autrice de la pièce La découvreuse oubliée, qui évoque la découverte de la trisomie 21 par Marthe Gautier en 1958 et sa spoliation par le professeur Lejeune. Les héritiers et la fondation éponyme du généticien attaquent la dramaturge en diffamation..
En 1958, Marthe Gautier, une médecin et chercheuse française, isole et découvre le chromosome supplémentaire responsable de la trisomie 21. À cette époque, les chromosomes, qui contiennent l'ADN et portent les gènes, sont étudiés pour comprendre certaines maladies. Marthe Gautier travaille sous la direction de Raymond Turpin, un professeur de génétique, et utilise des techniques de culture cellulaire, une méthode permettant de faire pousser des cellules en laboratoire pour les observer. Pendant ces années, Jérôme Lejeune, un autre généticien, propose son aide pour photographier les échantillons de cellules de Marthe Gautier. Cependant, il présente seul les résultats lors d'une conférence au Canada en 1958, puis publie un article scientifique en 1959 où il est cité comme premier auteur, ce qui signifie qu'il est considéré comme le principal contributeur.
Pendant près de 50 ans, la paternité de la découverte de la trisomie 21 est attribuée presque exclusivement à Jérôme Lejeune, occultant ainsi le rôle central de Marthe Gautier. En 2014, le comité d'éthique de l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) publie un avis officiel reconnaissant que Marthe Gautier est bien à l'origine de cette découverte. L'avis précise que la contribution de Jérôme Lejeune a été secondaire, soulignant que Marthe Gautier avait une expertise en culture cellulaire, acquise notamment lors d'un séjour aux États-Unis. L'Inserm estime que sans son travail, la découverte n'aurait pas été possible. Cette reconnaissance tardive met en lumière une injustice historique envers une femme scientifique.
Le 15 juillet 2026, l'Académie des Sciences française publie un communiqué officiel pour soutenir Élisabeth Bouchaud, autrice de la pièce de théâtre La découvreuse oubliée. Cette pièce met en scène le parcours de Marthe Gautier et la spoliation de sa découverte. L'Académie rappelle que la contribution de Marthe Gautier et de Raymond Turpin a été essentielle pour rétablir la vérité. Elle critique également la tentative de faire taire cette histoire par des poursuites judiciaires, qualifiant cette démarche de dérive préoccupante. L'Académie souligne que les controverses scientifiques doivent se régler entre pairs, c'est-à-dire entre chercheurs, et non devant les tribunaux.
Élisabeth Bouchaud, directrice du théâtre de la Reine Blanche à Paris, a écrit La découvreuse oubliée, un quatrième volet de la série théâtrale Les Fabuleuses. La pièce met en lumière le rôle de Marthe Gautier et la reconnaissance tardive de son travail. Cependant, les héritiers de Jérôme Lejeune, ainsi que la Fondation Jérôme Lejeune, une organisation conservatrice opposée à l'avortement et au suicide assisté, attaquent Élisabeth Bouchaud en diffamation. Cette fondation, créée en 1996, porte plainte contre la dramaturge pour avoir évoqué la spoliation de la découverte de Marthe Gautier dans sa pièce. Ces poursuites judiciaires visent à faire taire une histoire qui remet en cause la version traditionnelle de cette découverte scientifique.
En 2027, le nom de Marthe Gautier sera gravé sur la tour Eiffel aux côtés de 71 autres femmes scientifiques oubliées. Cet hommage vise à inspirer les jeunes générations, en particulier les filles, à s'engager dans les sciences. Marthe Gautier, dont le rôle a été minimisé pendant des décennies, devient ainsi une figure symbolique de la lutte pour la reconnaissance des femmes dans la recherche scientifique. Cette initiative s'inscrit dans un mouvement plus large de réhabilitation de figures scientifiques féminines, souvent éclipsées par leurs collègues masculins.

