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Généraliste

Un premier ministre prudent, mais des portefeuilles risqués

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 4 h

Paul St-Pierre Plamondon s’en remet à des parlementaires expérimentés pour réduire son exposition au risque..

Gouvernement minoritaire fragile

Paul St-Pierre Plamondon dirige un gouvernement minoritaire au Québec, ce qui signifie qu’il ne dispose pas de la majorité absolue à l’Assemblée nationale. Dans ce contexte, la durée de vie moyenne d’un tel gouvernement est d’environ 18 mois, selon les financiers. Cette situation limite son horizon de temps pour agir, comme un investisseur qui aurait peu de temps pour faire fructifier son portefeuille. Le premier ministre doit donc privilégier des choix prudents pour éviter les risques inutiles. Par exemple, il évite de nommer des ministres sans expérience politique, même si leurs compétences sont reconnues dans d’autres domaines. Il mise plutôt sur des élus expérimentés, habitués à la joute partisane (débats politiques intenses) ou déjà familiers avec le fonctionnement du gouvernement.

Ministres expérimentés en portefeuille

Pour réduire les risques, Paul St-Pierre Plamondon confie la plupart des ministères à des élus ayant déjà une expérience parlementaire ou une expertise reconnue. Par exemple, Nicolas Marceau, déjà ministre des Finances dans un gouvernement précédent, doit présenter un budget équilibré dès 2028-2029, soit un an plus tôt que prévu initialement. De même, Nicolas Girard, ancien critique en transports et ex-dirigeant du Réseau de transport de la Capitale (organisme public gérant les transports dans la région de Québec), hérite du ministère des Transports. Son défi inclut la gestion du projet controversé du 3e lien (un tunnel sous le fleuve Saint-Laurent reliant Québec et Lévis), malgré l’opposition locale et les critiques de ses adversaires politiques.

Rôles à haut risque pour certains

Certains ministres doivent relever des défis particulièrement difficiles en raison de la complexité de leur portefeuille ou des attentes élevées du premier ministre. Catherine Gentilcore, par exemple, cumule deux rôles : ministre de l’Immigration et responsable de l’Accession du Québec à l’Indépendance. Elle doit présenter un plan pour réduire à 35 000 le nombre de nouveaux arrivants par an, une mesure qui risque de susciter des critiques, notamment de la part des chambres de commerce et des élus régionaux réclamant plus de main-d’œuvre. Elsie Lefebvre, ministre de l’Habitation, doit quant à elle gérer une crise du logement persistante, un dossier déjà marqué par des controverses sous la précédente mandate.

Communication et gestion des crises

La capacité à gérer la communication et les crises médiatiques est un critère clé dans la nomination des ministres. Paul St-Pierre Plamondon évite les erreurs de communication coûteuses, comme celle qui avait marqué la nomination de Marie-Chantal Chassé au ministère de l’Environnement en 2022. Cette dernière, figée devant les caméras lors de sa première conférence de presse, avait embarrassé son parti. Pour limiter ces risques, le premier ministre choisit des ministres ayant une expérience médiatique ou judiciaire. Par exemple, Guy Jr Lapointe, ministre de la Sécurité intérieure, a été porte-parole de la Sûreté du Québec (police provinciale), tandis que Marie-Claude Sarrazin, ministre de la Justice, est une ancienne procureure spécialisée dans les enquêtes complexes.

Débutants sous pression

Malgré la prudence générale, Paul St-Pierre Plamondon a nommé deux ministres sans expérience politique préalable, mais en qui il a confiance pour leur capacité à communiquer. Marie-Karlynn Laflamme, ministre de la Santé, doit abolir Santé Québec (l’organisme public gérant le système de santé) et réorganiser le réseau. Alain Therrien, au Conseil du Trésor, doit réduire les coûts de rémunération de la fonction publique. Ces deux ministres ont déjà subi leur baptême de la période de questions (premier test médiatique sous pression), ce qui les a préparés aux défis à venir. Leur succès sera crucial pour maintenir la crédibilité du gouvernement.

Ce que ça pourrait changer

En comparant son gouvernement à un portefeuille d’investissement, Paul St-Pierre Plamondon cherche à faire monter la *valeur* de son administration rapidement. Pour cela, il mise sur une poignée de ministres expérimentés capables de livrer des résultats concrets, malgré un contexte politique difficile. Ces ministres doivent réduire l’*exposition au risque* (limiter les échecs) tout en assurant des *rendements rapides* (avancées politiques visibles). Par exemple, Nicolas Marceau doit équilibrer le budget plus tôt que prévu, tandis que Nicolas Girard doit gérer des dossiers sensibles comme le 3e lien. La confiance des *investisseurs* (ici, les contribuables québécois) dépendra de leur capacité à atteindre ces objectifs.

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