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Culture

Albert Camus, condamné à vivre

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 16 j

En 1933, Albert Camus étudie la philosophie à Alger. Atteint de la tuberculose, le jeune homme est contraint de rester deux mois au repos complet.

Jeunesse algéroise

En 1933, Albert Camus, âgé de 20 ans, étudie la philosophie à l’université d’Alger, dans l’Algérie française des années 1930. Issu d’un milieu modeste, il vit dans le quartier populaire de Belcourt avec sa mère, Catherine Sintès, femme de ménage muette et sourde, qui ne sait ni lire ni écrire. Malgré des difficultés financières, Camus parvient à financer ses études grâce à des petits emplois. Son quotidien est rythmé par la mer et le soleil, qu’il partage avec ses amis comme Claude de Fréminville et André Belamich. Ces moments de détente contrastent avec les épreuves qu’il traverse déjà.

Maladie et urgence

À 20 ans, Camus est atteint de tuberculose, une maladie pulmonaire grave qui touche principalement les populations défavorisées à cette époque. Sans traitement efficace (la pénicilline n’existe pas encore), cette affection peut être mortelle en moins de deux ans. Camus souffre de fièvres, de toux et de difficultés respiratoires, l’obligeant à rester alité pendant deux mois. Cette expérience le marque profondément : il écrit à son ami Fréminville que l’on « se sent vieillir à 20 ans ». La maladie devient un déclic pour sa vocation d’écrivain, car elle lui fait prendre conscience de l’urgence de vivre et de créer.

Découverte littéraire

En 1933, Camus découvre l’essai Les Îles de son professeur de philosophie, Jean Grenier. Ce livre a un impact majeur sur lui, car il y trouve une réflexion sur la solitude, l’indifférence du monde et l’inquiétude existentielle, thèmes qui résonnent avec sa propre vie. Grenier, qui enseigne à Alger, aborde dans son ouvrage la condition des méditerranéens pauvres, un sujet qui parle directement à Camus. Cette lecture devient une révélation et confirme sa vocation d’écrivain. Il se fixe alors un objectif ambitieux : écrire une œuvre majeure en quatre ans, une période qu’il estime limitée par sa maladie.

Naissance d’un écrivain

La combinaison de la pauvreté, de la maladie et de la découverte littéraire pousse Camus à s’engager pleinement dans l’écriture. Il commence à rédiger des articles sur l’art pour la revue Alger étudiant, mais souhaite aller plus loin. La tuberculose, en limitant son espérance de vie, ajoute une dimension d’urgence à son projet. Camus choisit de se consacrer à la littérature pour exprimer les souffrances des « damnés » et des exclus, un thème central dans son œuvre future. Cette période de sa vie, qu’il décrit comme « à mi-distance de la misère et du soleil », façonne sa sensibilité et son style.

Ce que ça pourrait changer

Les épreuves de sa jeunesse – pauvreté, maladie et solitude – influencent durablement l’œuvre de Camus. Ses romans comme *L’Étranger*, *La Peste* ou *L’Homme révolté* reflètent ces expériences, avec des personnages souvent marqués par la souffrance ou l’exclusion. Camus se positionne comme un écrivain engagé, sensible aux inégalités et à la révolte contre l’injustice. Son parcours montre comment les difficultés personnelles peuvent devenir une source d’inspiration et de création. Cette période de sa vie, à 20 ans, pose les bases de son destin littéraire.

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