[Simulations exclusives] Saxe-Anhalt : l’AfD gouvernerait dans plus de 6 scénarios sur 10 en cas d’abstention du BSW
Les habitants de Saxe-Anhalt se rendront aux urnes dimanche prochain, le 6 septembre, pour élire les 83 députés du Landtag. Selon notre dernière simulation, l’AfD pourrait remporter l’immense majorité des circonscriptions de la région.
Les habitants de Saxe-Anhalt, un État (Land) de l’est de l’Allemagne, voteront le 6 septembre 2026 pour élire les 83 députés du Landtag, le parlement régional. Cet État, comme d’autres dans l’ex-RDA (Allemagne de l’Est), est traditionnellement marqué par une forte présence de l’extrême droite. Les élections locales sont importantes car elles déterminent qui gouvernera la région pour les années à venir, avec des conséquences sur les politiques sociales, économiques et migratoires appliquées localement.
Selon les dernières enquêtes d’opinion, l’Alternative für Deutschland (AfD), un parti classé comme mouvement extrémiste de droite par les autorités allemandes depuis novembre 2023, obtiendrait entre 42 % et 43 % des voix. En deuxième position, l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU, centre-droit) recueillerait 22 % à 23 % des suffrages, suivie par Die Linke (gauche radicale) avec 11 % à 13 %, et le Parti social-démocrate (SPD, gauche traditionnelle) avec 6 % à 8 %. Les Verts et l’Alliance Sahra-Wagenknecht (BSW, gauche nationaliste) frôlent le seuil de 5 % nécessaire pour obtenir des sièges au parlement régional.
Sur la base de 1 000 simulations électorales, les experts estiment que l’AfD pourrait obtenir une majorité absolue dans 54 % des cas. Une telle victoire lui permettrait de gouverner seule, sans avoir besoin de former une coalition, et de nommer le ministre-président (Ministerpräsident), chef du gouvernement régional. Dans la moitié de ces simulations, l’AfD remporte au moins 40 des 41 circonscriptions électorales uninominales de Saxe-Anhalt, ce qui renforce sa domination. Cette probabilité a légèrement augmenté depuis juillet 2026, où elle était de 52 %.
L’Alliance Sahra-Wagenknecht (BSW), parti de gauche nationaliste dirigé par Sahra Wagenknecht, pourrait influencer le résultat final. Selon la Constitution du Land, le ministre-président est élu à la majorité simple lors d’un troisième tour de scrutin. Dans 60 % des simulations, l’AfD et le BSW détiennent ensemble une majorité des sièges. Si le BSW s’abstenait lors de ce troisième tour, cela permettrait à l’AfD d’être élue avec une majorité simple. Le BSW a récemment indiqué que « le cordon sanitaire a échoué » et pourrait, dans certains cas, faciliter l’élection d’un candidat AfD, bien que sa direction officielle nie cette stratégie.
Le BSW et l’AfD se disputent un électorat similaire, populiste et anti-immigration, ce qui explique en partie la baisse des intentions de vote pour le BSW, estimé entre 4 % et 5 %. Cette concurrence pousse certains électeurs à se tourner vers l’AfD, dont la dynamique est plus forte dans les sondages. Par ailleurs, des tensions apparaissent au sein de la CDU (droite conservatrice) : un responsable local a récemment versé 10 000 € à l’AfD, et des figures politiques régionales remettent en cause le cordon sanitaire, une règle traditionnelle interdisant toute collaboration avec l’extrême droite. Cependant, la direction nationale de la CDU maintient officiellement cette ligne.
Si l’AfD obtient une majorité absolue, elle pourrait mettre en place des politiques alignées sur ses positions, notamment en matière d’immigration, de soutien à l’Ukraine et de gestion économique. Le BSW, s’il entre au parlement, aurait un rôle limité : dans seulement 6 % des simulations, il pourrait influencer la formation d’une coalition. Dans la majorité des cas, il échoue à obtenir des sièges ou à peser sur les décisions. Ces élections illustrent une tendance plus large en Allemagne de l’Est, où l’extrême droite gagne en influence, tandis que les partis traditionnels perdent du terrain.

