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Fin du tout électrique en 2035 : ce que cache vraiment l’accord franco-allemand sur la voiture

Numerama · mis à jour il y a 20 j

Alors que l’Union européenne s’était engagée vers la fin des ventes de voitures neuves à moteur thermique en 2035, un accord passé entre la France et l'Allemagne vient de modifier discrètement les règles du jeu. Décryptage..

Accord franco-allemand 2035

En octobre 2026, la France et l'Allemagne ont conclu un accord historique concernant la fin de la vente des véhicules thermiques neufs en Europe à partir de 2035. Cet accord marque un tournant dans la politique industrielle européenne, car il remplace la précédente obligation d'électrification totale par une approche plus flexible. Le terme véhicule thermique désigne les voitures fonctionnant à l'essence ou au diesel, tandis que électrification totale implique que tous les nouveaux véhicules vendus doivent être équipés de moteurs 100 % électriques ou à hydrogène. Cet accord a été négocié entre les gouvernements français et allemand, principaux acteurs de l'industrie automobile européenne, avec des implications majeures pour les constructeurs comme Renault, Volkswagen ou BMW.

Fin du tout électrique

Contrairement aux annonces initiales de l'Union européenne, qui prévoyaient l'interdiction pure et simple des véhicules thermiques en 2035, l'accord franco-allemand introduit une exception majeure. Les constructeurs pourront continuer à vendre des véhicules équipés de moteurs à combustion interne, à condition qu'ils utilisent des carburants synthétiques, aussi appelés e-fuels. Ces carburants, produits à partir d'énergie renouvelable et de CO₂ capturé, sont présentés comme une solution neutre en carbone. Cependant, leur adoption reste marginale aujourd'hui, représentant moins de 1 % des ventes en Europe. L'accord permet ainsi aux constructeurs allemands, notamment ceux spécialisés dans les moteurs thermiques haut de gamme, de poursuivre leur activité sans transition brutale.

Enjeux industriels

L'accord reflète les tensions entre les objectifs climatiques et les réalités industrielles. D'un côté, la France, soutenue par plusieurs pays européens, souhaitait une transition rapide vers l'électrique pour réduire les émissions de CO₂ du secteur automobile, responsable de près de 15 % des émissions totales en Europe. De l'autre, l'Allemagne, où l'industrie automobile emploie directement plus de 800 000 personnes, a insisté pour préserver une partie de son savoir-faire historique. Les e-fuels sont perçus comme un compromis, bien que leur coût de production reste élevé, estimé entre 10 et 15 € par litre, contre environ 1,50 € pour l'essence classique. Cet accord pourrait aussi influencer les stratégies des constructeurs, certains comme Porsche ayant déjà investi dans les carburants synthétiques.

Réactions et critiques

L'accord a suscité des réactions mitigées. Les défenseurs de l'environnement critiquent cette ouverture aux e-fuels, soulignant que leur production reste énergivore et coûteuse, avec une efficacité énergétique bien inférieure à celle des véhicules électriques. Selon l'Agence européenne pour l'environnement, un véhicule électrique consomme environ 3 fois moins d'énergie qu'un véhicule à e-fuels pour parcourir la même distance. À l'inverse, les industriels et certains gouvernements y voient une solution pour préserver des emplois et éviter une crise économique dans un secteur clé. La Commission européenne, qui avait initialement soutenu l'interdiction totale des thermiques, a finalement validé cet accord sous conditions, marquant un recul de ses ambitions initiales.

Ce que ça pourrait changer

Pour les acheteurs de voitures, cet accord pourrait entraîner une diversification de l'offre. Les prix des véhicules électriques, déjà élevés en raison du coût des batteries, pourraient rester stables, tandis que ceux des voitures à *e-fuels* pourraient être comparables à ceux des thermiques actuels. Cependant, l'adoption massive des *e-fuels* dépendra de leur disponibilité dans les stations-service, encore très limitée en Europe. En 2026, moins de 500 stations proposent ces carburants, principalement en Allemagne et en Scandinavie. Les consommateurs devront aussi composer avec des réglementations locales, certaines villes ou pays pouvant imposer des restrictions supplémentaires sur les véhicules thermiques, même à *e-fuels*.

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