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Culture

« Kraken » : un film de frousse redoutablement efficace

Trois Couleurs · mis à jour 29 sept.

Premier long métrage d’un duo de jeunes réalisateurs enthousiastes et inventifs, « Kraken » s’affiche comme la très bonne surprise chair de poule de cette rentrée. Un slasher urbain aussi efficace que malin..

Premier film d'horreur français

Le film Kraken est le premier long métrage réalisé par Mohamed Chabane et Théo Jourdain Rhodes, deux jeunes cinéastes français. Ces réalisateurs sont connus pour avoir travaillé ensemble sur la série comique musicale ReuSSS en 2022. Leur nouvelle œuvre s'inscrit dans le genre du slasher, un sous-genre de l'horreur caractérisé par un tueur violent qui élimine ses victimes de manière sanglante et méthodique. Le film est salué comme une excellente surprise pour la rentrée 2026, marquant ainsi une entrée remarquée dans le cinéma français contemporain. Le terme slasher vient de l'anglais to slash, qui signifie « taillader » ou « lacérer », en référence aux méthodes brutales du tueur.

Intrigue et cadre urbain

Kraken raconte l'histoire de cinq jeunes gens piégés dans une tour abandonnée située dans une cité en banlieue parisienne. Leur situation devient encore plus critique lorsqu'un tueur masqué, surnommé le boogeyman (un terme anglais désignant un personnage effrayant issu du folklore, souvent utilisé pour personnifier la peur), les attaque avec une violence extrême. Le film mêle des éléments de La Tour (un film d'horreur de 1984) et de la série britannique Top Boy, qui aborde les réalités sociales des quartiers défavorisés. Le cadre de la banlieue, plus précisément la cité de la Grande Borne à Grigny, est mis en avant comme un décor à part entière, soulignant son importance dans l'intrigue.

Techniques horrifiques variées

Pour créer une ambiance angoissante, les réalisateurs utilisent plusieurs techniques classiques du cinéma d'horreur. Parmi elles, on trouve les jump scares (des sursauts provoqués par une apparition soudaine du tueur ou un bruit inattendu) et le grand-guignol (un style théâtral exagéré et sanglant, inspiré du théâtre français du XIXe siècle). Ces méthodes permettent de varier les sensations et de maintenir le spectateur en tension. Le film évite ainsi de se limiter à un seul type de peur, offrant une expérience dynamique et imprévisible. Le terme grand-guignol fait référence à un genre théâtral français connu pour ses scènes macabres et grotesques.

Thèmes sociaux contemporains

Au-delà de l'aspect purement horrifique, Kraken aborde des questions sociales d'actualité. Le film explore les thèmes des violences policières, de la marginalisation des banlieues et de l'abandon des cités par les institutions. Le tueur, équipé d'un arsenal rappelant celui d'un véhicule de la CRS (la Compagnie républicaine de sécurité, une unité de police française), symbolise cette violence institutionnelle. Le film interroge également l'impossibilité d'un dialogue entre les forces de l'ordre et la jeunesse des quartiers, un sujet souvent débattu dans le débat public français. Ces éléments ancrent l'histoire dans un contexte réaliste et politique.

Ce que ça pourrait changer

Les réalisateurs privilégient l'efficacité narrative et l'impact émotionnel plutôt que des discours trop longs ou moralisateurs. Leur approche permet de toucher un public avide de sensations fortes tout en offrant une réflexion subtile sur les enjeux sociaux. Le film est également salué pour son choix de la cité de la Grande Borne comme décor, un lieu qui gagne ainsi une place dans le panthéon des décors emblématiques du cinéma d'horreur. Cette reconnaissance met en lumière l'importance des lieux de tournage dans la construction de l'atmosphère d'un film. Le terme *panthéon* fait ici référence à une liste de références ou de lieux considérés comme majeurs dans un domaine précis.

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