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Droit

Étudiants, élèves avocats, nouveaux confrères… et confrères aguerris : et si votre domaine d'intervention de départ ouvrait la voie à d'autres ?

Village Justice · mis à jour il y a 18 j

Vous terminez votre Master avec une matière de prédilection, vous venez de prêter serment, ou vous exercez depuis des années et une crainte demeure : celle de vous être trompé de voie. Bonne nouvelle : la profession d'avocat est bien plus riche qu'une case cochée en fin d'études ! Une matière de prédilection ne fige pas une carrière.

Matière de départ flexible

Une spécialisation initiale en droit ne limite pas une carrière juridique. L’auteure, formée en droit public, a commencé sa carrière par une plaidoirie en droit pénal devant un tribunal correctionnel en tant qu’élève avocate. Elle a ensuite diversifié ses interventions en intégrant des domaines comme le droit pénal de l’urbanisme, des collectivités, de la fonction publique ou encore la réparation du préjudice corporel des victimes. Aujourd’hui, elle intervient également en matière criminelle devant la Cour criminelle départementale de Maine-et-Loire, tout en continuant à pratiquer le droit public. Ces deux branches du droit coexistent et s’enrichissent mutuellement, démontrant que les matières juridiques peuvent dialoguer et se compléter plutôt que s’exclure.

Exemples de parcours atypiques

Plusieurs avocats célèbres ont élargi leur champ d’intervention après une spécialisation initiale. Robert Badinter, initialement avocat d’affaires, est devenu une figure emblématique du droit pénal en défendant Roger Bontems lors d’un procès aux assises en 1972. Henri Leclerc, entré dans le métier comme clerc d’avoué, a exploré des domaines variés comme l’expropriation ou le droit rural avant de se consacrer au pénal. Ces parcours illustrent que la reconversion ou l’élargissement des compétences est possible, même après une entrée en carrière dans un domaine précis.

Rôle clé de la transmission

La profession d’avocat repose fortement sur la transmission des savoirs et des expériences. L’auteure souligne l’importance des maîtres de stage, des collaborations et des mentors dans l’évolution de sa carrière. Elle cite notamment le Bâtonnier Alain Fouquet, spécialiste en droit pénal, qui lui a permis de plaider en matière criminelle. Elle encourage les jeunes professionnels à solliciter des confrères dont la pratique les intéresse, rappelant que la confraternité (solidarité entre avocats) est une valeur essentielle du métier.

Formation continue obligatoire

La formation continue est une obligation déontologique pour les avocats en France, encadrée par l’article 14-2 de la loi du 31 décembre 1971. Elle impose un minimum de 20 heures de formation par an. Au-delà de cette contrainte légale, cette obligation représente une opportunité pour explorer de nouvelles matières. L’auteure a ainsi validé deux Diplômes Universitaires (D.U.) depuis le début de sa carrière et a été sélectionnée pour intégrer un D.U. de Sciences criminelles à l’Université d’Angers. Ce diplôme, co-dirigé par Lionel Ascensi et Caroline Duparc, aborde le phénomène criminel sous plusieurs angles : historique, juridique, psychiatrique, psychologique, médical et scientifique.

Ce que ça pourrait changer

L’auteure conclut en encourageant les avocats, qu’ils soient étudiants, élèves avocats, jeunes confrères ou professionnels expérimentés, à ne pas se limiter à leur domaine de prédilection. La profession d’avocat offre une grande diversité de parcours possibles. Chaque professionnel est invité à construire son propre chemin en explorant de nouvelles matières, en s’appuyant sur la transmission et en profitant des opportunités de formation continue. Le droit n’est pas un bloc figé, mais un ensemble de disciplines qui peuvent s’enrichir mutuellement.

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