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Droit

Sahel central : les déplacements forcés ont presque doublé en cinq ans

ONU : Migrants et réfugiés · mis à jour il y a 27 j

Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, près de quatre millions de personnes sont aujourd’hui déplacées de force, contre deux millions en octobre 2020. L’insécurité et les chocs climatiques aggravent la crise au Sahel central, tandis que le manque de financements humanitaires fragilise l’aide aux populations..

Crise humanitaire au Sahel

Le Sahel central, qui regroupe le Burkina Faso, le Mali et le Niger, connaît une crise humanitaire majeure avec près de quatre millions de personnes déplacées de force en octobre 2026. Ce chiffre représente presque le double des deux millions enregistrés en octobre 2020. Les déplacements forcés désignent des situations où des individus sont obligés de quitter leur domicile en raison de menaces directes comme les conflits armés, les violences ou les catastrophes naturelles. Parmi ces déplacés, plus de 818 000 sont des réfugiés ou des demandeurs d’asile, selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Ce dernier est une agence de l’ONU chargée de protéger les réfugiés et de trouver des solutions durables pour eux. Les familles concernées perdent souvent leurs moyens de subsistance, comme leurs terres agricoles ou leurs emplois, et voient leurs perspectives de reconstruction s’amenuiser.

Violences et chocs climatiques

Les déplacements forcés au Sahel central sont aggravés par deux facteurs principaux : l’insécurité et les chocs climatiques. L’insécurité, souvent liée à des conflits armés ou à des groupes armés non étatiques, pousse des populations à fuir leurs villages pour se mettre en sécurité. Parallèlement, les chocs climatiques comme les sécheresses prolongées, les pluies irrégulières ou les inondations détruisent les récoltes, endommagent les habitations et limitent l’accès à l’eau potable. Ces aléas touchent autant les personnes déplacées que les communautés locales qui les accueillent. Pour une région où l’agriculture et l’élevage constituent les principales sources de revenus, ces perturbations aggravent la précarité et réduisent les capacités de résilience des populations.

Exode vers les pays voisins

L’exode des populations déplacées ne se limite pas aux frontières nationales. Au Mali, la majorité des réfugiés proviennent du Burkina Faso voisin, avec par exemple 86 000 réfugiés à Koro en juillet 2026. Parmi eux, plus de 14 000 enfants et 6 000 femmes sont identifiés comme particulièrement vulnérables. Cet afflux accentue la pression sur des zones déjà fragiles, où les ressources en eau et en terres arables sont rares, les services de santé saturés et les opportunités économiques limitées. L’exode s’étend également aux pays côtiers d’Afrique de l’Ouest, comme le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Togo. En 2026, près de 500 000 Burkinabés sont réfugiés ou demandeurs d’asile dans ces pays, contre 300 000 fin 2025. Le Mali et le Niger comptent également des milliers de leurs ressortissants en exil.

Financements insuffisants

Le HCR alerte sur le manque criant de financements pour venir en aide aux populations déplacées au Sahel. En octobre 2026, seulement 27 % des 329,6 millions de dollars nécessaires pour le plan de réponse du HCR ont été collectés. Ce manque de ressources force l’agence à réduire ses activités essentielles, comme l’accès aux services de base (santé, éducation) ou les programmes d’aide alimentaire. Abdouraouf Gnon-Konde, directeur du Bureau régional du HCR pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, souligne que cette situation aggrave les pressions sur les familles et limite leurs chances de reconstruire leur vie, ce qui peut entraîner de nouveaux mouvements de population.

Ce que ça pourrait changer

Malgré les défis, des initiatives locales montrent que des solutions existent. À Koro, au Mali, des coopératives agricoles réunissant des réfugiés burkinabés et des habitants locaux ont permis de plus que doubler les surfaces cultivées, passant de 21 hectares en 2025 à 45 hectares en 2026. Ces projets contribuent à améliorer la production alimentaire et les revenus des ménages. De même, à Kaya, au Burkina Faso, un accompagnement similaire aide les personnes déplacées et les communautés d’accueil à augmenter leurs récoltes, réduire les pertes après récolte et générer des revenus. Ces exemples illustrent l’importance d’un soutien ciblé et adapté aux réalités locales pour renforcer la résilience des populations.

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