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Philosophie

La longue éclipse de la gauche italienne

AOC Media · mis à jour il y a 3 h

Le 8 octobre, l’Italie a adopté la nouvelle loi électorale voulue par Giorgia Meloni : retour à la proportionnelle, mais avec une prime majoritaire taillée pour assurer à la coalition sortante une majorité écrasante en 2027. Une manœuvre d’autant plus aisée que la gauche italienne s’est évaporée : trois décennies de conversion néolibérale, du PDS au Parti démocrate de Renzi, ont fait de son vote de classe un vote de classe à l’envers.

Nouvelle loi électorale italienne

Le 8 octobre 2026, l'Italie a adopté une réforme de la loi électorale proposée par Giorgia Meloni, cheffe du gouvernement. Cette loi rétablit un système proportionnel, mais avec une prime majoritaire importante. Cette prime est conçue pour garantir une majorité écrasante à la coalition au pouvoir lors des élections de 2027. Cette manœuvre politique intervient dans un contexte où la gauche italienne, historiquement forte, a presque disparu de la scène politique. L'auteure souligne que cette réforme renforce la position de Meloni, déjà au pouvoir depuis 1 413 jours à cette date, un record pour un gouvernement italien depuis 1946.

Disparition de la gauche italienne

La gauche italienne a progressivement perdu son influence depuis près de trois décennies, passant du Parti démocrate de gauche (PDS) au Parti démocrate (PD) dirigé par Matteo Renzi. Selon l'historienne Stéfanie Prezioso, cette évolution s'est accompagnée d'une conversion néolibérale, c'est-à-dire d'un abandon progressif des valeurs traditionnelles de gauche (justice sociale, protection des travailleurs) au profit de politiques économiques libérales. Ce virage a transformé le vote de classe, autrefois ancré dans les milieux ouvriers et populaires, en un vote inversé, où les classes populaires se tournent vers des partis de droite ou d'extrême droite. En 2026, la gauche italienne est réduite à une opposition désorganisée et inefficace, incapable de proposer une alternative crédible.

Montée de l'extrême droite

En parallèle de l'affaiblissement de la gauche, l'Italie voit la montée en puissance de l'extrême droite, représentée notamment par Giorgia Meloni, leader de Frères d'Italie (FdI), et par le général Roberto Vannacci avec son parti Futuro nazionale. Ce dernier, fondé en 2026, recueille déjà 8 % des intentions de vote dans les sondages, soit près du double de la Lega (Ligue) et légèrement devant Forza Italia. Futuro nazionale se présente comme la « vraie droite » et revendique déjà 130 000 membres. Cette dynamique illustre un glissement politique vers des positions radicales, tandis que la gauche, divisée et affaiblie, peine à proposer une réponse unie.

Contexte politique européen

La situation italienne s'inscrit dans un contexte européen marqué par l'instabilité politique. Plusieurs pays, dont la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne et l'Espagne, voient leurs gouvernements vaciller ou faire face à des défis majeurs. Giorgia Meloni, souvent présentée par la presse internationale comme une figure modérée malgré ses origines d'extrême droite, profite de cette instabilité pour renforcer sa position. Son gouvernement, le plus long de l'histoire récente de l'Italie, est perçu comme un modèle par certains médias étrangers, qui soulignent sa capacité à « fusionner populisme et modération ». Cette perception contraste avec la réalité d'un pays où l'extrême droite gagne du terrain.

Crise historique de la gauche

La disparition de la gauche italienne s'explique par des décennies de choix politiques controversés. Dès les années 2000, des figures comme Nanni Moretti, réalisateur engagé, exprimaient déjà leur désillusion face à des dirigeants de gauche perçus comme inefficaces ou éloignés des réalités sociales. Le Parti démocrate (PD), héritier de l'Ulivo (L'Olivier), coalition de centre gauche des années 1990, a progressivement abandonné ses racines sociales-démocrates pour adopter des politiques néolibérales. Ce virage a été critiqué par de nombreux observateurs, qui y voient une trahison des valeurs historiques de la gauche italienne. En 2026, la gauche est réduite à une « agitation squelettique et désordonnée », incapable de proposer une alternative crédible face aux défis économiques et sociaux du pays.

Ce que ça pourrait changer

L'affaiblissement de la gauche italienne a des conséquences majeures pour le pays. Sans opposition structurée, la coalition de droite et d'extrême droite au pouvoir (composée notamment de *Frères d'Italie*, de la *Lega* et de *Forza Italia*) domine sans partage le paysage politique. Les élections de 2027 s'annoncent déjà comme un scrutin déséquilibré, où la prime majoritaire garantit une victoire facile à la coalition sortante. Cette situation pose des questions sur l'avenir démocratique de l'Italie, où les institutions perdent la confiance des citoyens. Selon des données de l'*Istat* (Institut national italien de statistiques) et de l'institut *Demos*, la confiance dans les institutions italiennes est en forte baisse, reflétant un malaise profond dans la société.

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