Valérie Tétreault et la « désinformation » sur le projet de Tennis Canada au parc Jarry
La directrice de l'Omnium Banque Nationale veut « recadrer la conversation » sur le projet..
Le projet de construction d’un nouveau stade de tennis de 400 millions de dollars au parc Jarry, à Montréal, suscite des débats intenses. Porté par Tennis Canada et l’Omnium Banque Nationale, ce projet vise à remplacer l’actuel complexe sportif. Cependant, il rencontre une forte opposition de la part de citoyens et de groupes locaux qui craignent une perte d’espaces verts et un empiètement sur le parc. La directrice du tournoi, Valérie Tétreault, reconnaît que des informations erronées ou des confusions circulent autour du projet, ce qui alimente les tensions. Elle insiste sur la nécessité de clarifier la vision du projet pour apaiser les inquiétudes. Le coût initial de 400 millions d’euros, bien que mentionné, reste une estimation préliminaire, car aucune étude technique détaillée n’a encore été réalisée.
Valérie Tétreault défend l’idée que le projet pourrait respecter un principe d’équilibre : pour chaque mètre carré occupé ou modifié dans le parc, un mètre carré équivalent serait redonné ailleurs sous forme d’espaces verts ou d’aménagements. Elle évoque notamment la possibilité de reboiser le stationnement actuel situé en face du complexe intérieur, tout en maintenant la superficie globale des espaces verts. Ce principe s’applique aussi à la conservation du droit superficiaire, c’est-à-dire le droit d’utiliser un terrain sans en être propriétaire. L’objectif est de montrer que le projet ne vise pas une simple expansion, mais un réaménagement visant à préserver l’équilibre écologique du parc. La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a également confirmé son engagement à ne pas empiéter sur le parc, répondant ainsi à une question directe d’une citoyenne lors d’un conseil municipal.
Plusieurs éléments du projet visent à intégrer le nouveau stade dans son environnement. Une maquette présentée en août 2023 montre déjà des pistes concrètes : le stationnement actuel pourrait être transformé en zone boisée, et un trait d’union entre les quartiers de Villeray et Parc-Extension est prévu. Le court central actuel serait démoli pour être reconstruit sur l’emplacement d’un terrain de baseball situé au nord du complexe. Cependant, le design du stade, décrit comme massif, reste à finaliser. Des études techniques sont en cours, comme des analyses de sol pour évaluer la faisabilité de creuser et réduire la hauteur du bâtiment. L’objectif est de faire du stade un espace utile même en dehors des périodes de tournoi, en l’intégrant davantage au parc.
Les réactions au projet sont mitigées. Certains groupes de citoyens s’opposent fermement à l’élargissement du stade, tandis que d’autres, comme Valérie Tétreault, soulignent les *bénéfices économiques* et sociaux de l’Omnium Banque Nationale pour le quartier et la ville. Tétreault admet que des groupes ont exprimé des positions radicales avant même de connaître les détails du projet, ce qui a compliqué les discussions. Elle reconnaît la nécessité de *recadrer la conversation* et de fournir des informations précises aux habitants pour apaiser les tensions. Le projet, bien que coûteux, est présenté comme un levier de développement pour Montréal, mais son acceptation dépendra de sa capacité à concilier les attentes des citoyens et les ambitions sportives.

