Allemagne : un homme accusé de viols en série, filmés et par soumission chimique
Un Berlinois est « accusé de 22 viols » auxquels s'ajoutent des « lésions corporelles graves »..
La justice allemande a inculpé un Berlinois de 68 ans pour des faits de viols en série, de soumission chimique et de films des agressions. Les accusations portent sur 22 viols, des lésions corporelles graves et des enregistrements vidéo. Les victimes présumées, au nombre de 58, ne se souvenaient pas des agressions car elles avaient été droguées, souvent avec un mélange de somnifères et d’alcool. Elles ont découvert les faits après avoir été informées de l’existence des vidéos lors de l’enquête. L’homme est soupçonné d’avoir agi entre 2010 et 2025, principalement en rencontrant ses victimes via des applications de rencontre. Cette affaire rappelle l’affaire Dominique Pelicot en France, où une femme avait subi des viols commis par des dizaines d’hommes recrutés par son ex-mari.
L’enquête a débuté en janvier 2025 après un signalement de la police de Verden an der Aller, une ville de 30 000 habitants dans le nord de l’Allemagne. Les enquêteurs ont découvert des liens entre le Berlinois et un homme décédé, déjà suspecté de faits similaires. En mars 2025, une première perquisition au domicile du Berlinois a permis de saisir du matériel informatique. Un an plus tard, en février 2026, une deuxième perquisition a révélé des centaines de vidéos montrant des agressions sexuelles présumées. L’homme a finalement été arrêté en mars 2026. Le parquet de Berlin a précisé que l’acte d’accusation initial couvre 22 faits concernant 14 femmes, tandis que 10 autres victimes présumées n’ont pas encore été identifiées.
Le suspect aurait administré aux victimes des substances chimiques pour les rendre inconscientes avant de commettre les agressions. Les enquêteurs estiment qu’il utilisait des somnifères associés à de l’alcool, une pratique appelée soumission chimique. Cette méthode permet à l’agresseur de contrôler la victime sans résistance, car celle-ci n’a aucun souvenir des faits. Les vidéos retrouvées lors des perquisitions confirment cette hypothèse. En Allemagne, la soumission chimique est considérée comme une forme de violence, mais son traitement juridique peut varier selon les cas, notamment en matière de prescription.
Le ministère public a recensé 58 victimes présumées, mais l’acte d’accusation initial ne porte que sur 22 faits concernant 14 femmes. Dix autres victimes n’ont pas encore été identifiées, et l’enquête se poursuit pour trente autres cas. Pour trois femmes, les preuves sont insuffisantes à ce stade. Un cas particulier concerne une victime présumée pour laquelle les faits remontent à la période 2010-2014. Les enquêteurs n’ont pas pu prouver avec certitude que la soumission chimique avait été utilisée, ce qui a conduit à appliquer un délai de prescription de cinq ans au lieu de vingt ans. Cette question avait déjà suscité un débat en Allemagne avec l’affaire Claudia Wuttke, où des faits prescrits avaient été classés en novembre 2025 avant que l’enquête ne soit rouverte en mai 2026.
En Allemagne, les viols avec violence sont passibles d’une prescription de 20 ans, mais ce délai peut être réduit à cinq ans si les faits ne sont pas considérés comme graves. La soumission chimique complique souvent la qualification juridique des agressions, car les victimes n’ont pas de souvenirs précis. L’affaire Claudia Wuttke avait déjà mis en lumière cette problématique, conduisant à des discussions sur la révision des délais de prescription pour les violences sexuelles. Le cas du Berlinois de 68 ans illustre les défis auxquels sont confrontés les systèmes judiciaires face à ces méthodes d’agressions, où la preuve de la violence est indirecte.
Cette affaire rappelle l’affaire Dominique Pelicot en France, où une femme avait subi des viols commis par des dizaines d’hommes recrutés par son ex-mari. Gisèle Pelicot, l’ex-épouse de Dominique Pelicot, est devenue une figure de la lutte contre les violences sexuelles après avoir témoigné publiquement. Son récit a mis en lumière l’ampleur des réseaux de violences organisées et la difficulté pour les victimes de se faire entendre. En Allemagne, comme en France, ces affaires soulèvent des questions sur la protection des victimes, la prévention des agressions et l’adaptation des lois pour lutter contre ces crimes.

