L’Omnium Banque Nationale veut s’offrir une cure de jouvence de 400 M$

Radio-Canada a obtenu les maquettes des futures installations au parc Jarry.
Résumé
Modernisation du stade
Tennis Canada, l’organisme qui gère l’Omnium Banque Nationale, un tournoi de tennis majeur à Montréal, prévoit un investissement de 400 millions de dollars pour moderniser ses installations au parc Jarry.
Ce projet inclut la construction d’un nouveau stade central doté d’un toit rétractable, capable d’accueillir 15 000 spectateurs, soit 25 % de plus que l’actuel court.
Le coût total serait réparti entre Tennis Canada (10 %), les gouvernements fédéral (40 %) et québécois (40 %), ainsi que la Ville de Montréal (10 %).
Le nouveau stade remplacerait l’actuel court central, qui serait démoli pour laisser place à une esplanade avec un court secondaire de 2 000 places, offrant une vue sur le mont Royal.
Le court secondaire existant, d’une capacité de 4 000 places, serait agrandi à 7 000 places.
Tournoi Masters 1000
L’Omnium Banque Nationale fait partie des Masters 1000, une catégorie prestigieuse de tournois de tennis professionnels.
Les gagnants de ces tournois remportent 1 000 points au classement mondial, ce qui les place juste derrière les quatre Grands Chelems (Roland-Garros, Wimbledon, US Open, Open d’Australie) en termes de points attribués.
Ces tournois attirent les meilleurs joueurs mondiaux et sont considérés comme des étapes clés avant les Grands Chelems.
Le tournoi de Montréal, qui fait partie de cette catégorie, a vu sa durée passer à 12 jours avec l’ajout de 40 joueurs supplémentaires pour justifier l’agrandissement des installations.
Enjeux du parc Jarry
Le parc Jarry, situé dans l’arrondissement Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, est un espace vert très fréquenté, notamment par les résidents du quartier Parc-Extension, un secteur moins favorisé où les espaces extérieurs privés sont rares.
Actuellement, pendant le tournoi, 22 % du parc est occupé par les installations.
Avec le projet, cette proportion passerait à 27 %, ce qui soulève des inquiétudes chez les citoyens et les associations locales, comme la Coalition des amis du parc Jarry.
Ces opposants craignent que l’expansion ne réduise encore l’accès à la nature et aux espaces verts, et que le financement public (80 % du projet) ne limite la capacité des autorités à refuser d’éventuelles demandes futures de Tennis Canada.
Débat sur le financement
Le financement du projet, estimé à 400 millions de dollars, est au cœur des tensions.
Tennis Canada propose que les gouvernements fédéral et québécois contribuent à hauteur de 40 % chacun, la Ville de Montréal à 10 %, et l’organisme lui-même à 10 % via des fonds privés.
Certains habitants, comme Fofi Johnson, s’opposent à ce modèle, estimant que les décisions sont prises sans consultation suffisante des citoyens et que les fonds publics devraient être utilisés pour d’autres besoins locaux.
La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, soutient le projet tout en insistant sur la nécessité de préserver les espaces verts et de consulter les résidents.
Alternatives envisagées
Avant de se tourner vers le parc Jarry, Tennis Canada a étudié la possibilité de déplacer le tournoi vers d’autres sites, comme le Parc olympique ou ses alentours.
Cependant, le Stade olympique, en rénovation, ne pourrait pas accueillir les matchs en extérieur, et les autres options (comme le Stade Saputo) nécessiteraient des investissements supplémentaires.
Un déménagement coûterait donc plus cher que la rénovation, selon Tennis Canada.
Jean-Denis Charest, président de la Chambre de commerce de l’Est de Montréal, suggère que mutualiser les équipements et les investissements avec d’autres infrastructures pourrait être une solution à explorer.
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