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Environnement

Avion, radiologie

Reporterre · mis à jour 30 sept.

L'immense majorité de la population reçoit chaque jour une dose de radioactivité, que ce soit via l'imagerie médicale, l'avion ou même les crevettes. L' ASNR propose désormais d'évaluer son propre niveau d'exposition.

Radioactivité naturelle

La radioactivité est un phénomène naturel présent partout dans notre environnement. Elle provient principalement de trois sources : les rayons cosmiques (particules énergétiques venues de l’espace), les roches du sol (comme le granit qui contient de l’uranium) et même notre propre corps (le potassium-40, un isotope radioactif présent dans nos cellules). En France, l’exposition moyenne annuelle à la radioactivité naturelle est estimée à environ 2,4 millisieverts (mSv), une unité qui mesure l’impact des rayonnements sur les tissus vivants. À titre de comparaison, un examen de radiologie classique (comme une radiographie dentaire) expose à une dose de 0,005 mSv, soit près de 500 fois moins que l’exposition naturelle annuelle. Les scientifiques distinguent deux types de radioactivité : la radioactivité alpha, bêta et gamma, selon le type de particules ou d’ondes émises. La radioactivité gamma est la plus pénétrante et donc la plus dangereuse pour l’organisme, car elle traverse facilement les matériaux et les tissus.

Sources artificielles

En plus de la radioactivité naturelle, les activités humaines génèrent des sources artificielles d’exposition. Les examens médicaux représentent la principale source artificielle en France, avec une dose moyenne annuelle de 1,3 mSv par personne. Les scanners (ou tomodensitomètres) sont les plus exposants, délivrant jusqu’à 10 mSv par examen, soit l’équivalent de plusieurs années d’exposition naturelle. Les voyages en avion augmentent aussi l’exposition aux rayons cosmiques, car l’altitude réduit l’effet protecteur de l’atmosphère. Un vol Paris-New York expose en moyenne à 0,05 mSv, soit 10 fois plus qu’une radiographie pulmonaire. D’autres sources incluent les retombées des essais nucléaires des années 1950-1960 (environ 0,01 mSv/an en moyenne aujourd’hui) et les rejets des centrales nucléaires, bien que ces derniers contribuent à moins de 0,001 mSv/an à l’exposition individuelle. Les crustacés, notamment ceux pêchés près de sites nucléaires, peuvent concentrer des radionucléides comme le césium-137, mais leur contribution à l’exposition globale reste faible.

Doses et risques

Les doses de radioactivité sont mesurées en sieverts (Sv), mais les niveaux d’exposition sont souvent exprimés en millisieverts (mSv) ou en microsieverts (µSv), car le sievert est une unité très grande. Une dose de 1 mSv correspond à environ 1 000 µSv. Les effets sur la santé dépendent de la dose reçue : une exposition inférieure à 100 mSv par an est considérée comme sans risque prouvé pour la population générale. Entre 100 et 1 000 mSv, les risques de cancers augmentent légèrement, tandis qu’au-delà de 1 000 mSv, des effets aigus (comme des nausées) peuvent apparaître. En France, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) fixe des limites strictes pour les travailleurs du nucléaire (20 mSv/an) et pour le public (1 mSv/an en plus de la radioactivité naturelle). Les normes internationales recommandent de ne pas dépasser 100 mSv sur une vie entière pour éviter tout risque significatif.

Comparaisons utiles

Pour mieux comprendre les niveaux d’exposition, il est utile de les comparer à des situations courantes. Une journée passée en plein air expose à environ 0,0001 mSv, tandis qu’un vol long-courrier en expose à 0,05 mSv. Une radiographie dentaire délivre 0,005 mSv, et un scanner abdominal jusqu’à 10 mSv. Les habitants de certaines régions du monde, comme Ramsar en Iran ou Kerala en Inde, reçoivent naturellement jusqu’à 250 mSv par an en raison de sols riches en thorium, sans que cela n’ait d’impact observable sur leur santé. À l’inverse, les travailleurs des centrales nucléaires en France reçoivent en moyenne 1 mSv par an, bien en dessous des limites légales. Ces comparaisons montrent que la radioactivité, même artificielle, reste généralement très inférieure aux seuils dangereux, sauf en cas d’accident majeur.

Ce que ça pourrait changer

En France, la surveillance de la radioactivité est assurée par plusieurs organismes, dont l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) et l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire). Ces institutions mesurent en permanence les niveaux de radioactivité dans l’air, l’eau et les aliments, et publient des rapports réguliers. Par exemple, en 2022, l’IRSN a évalué que 99 % de la population française recevait une dose annuelle inférieure à 1 mSv en plus de la radioactivité naturelle. Les normes européennes imposent des seuils stricts pour les aliments, comme 600 becquerels par kilogramme (Bq/kg) pour le césium-137 dans les produits laitiers. En cas de dépassement, des mesures de précaution sont prises, comme la restriction de la consommation de certains produits. La transparence est un enjeu majeur, car les seuils de sécurité évoluent avec les connaissances scientifiques, notamment sur les effets des faibles doses.

Sujets complémentaires

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