Le noyau Linux 7.3 débarque avec une longue liste d’améliorations
Après une longue gestation marquée par une montée en force de l’IA dans la détection des bugs, la version finale du noyau Linux 7.3 est arrivée. Les améliorations sont nombreuses, mais la disponibilité dépendra comme toujours de la distribution utilisée.
Le noyau Linux 7.3 est sorti le 18 octobre 2026, après une période de développement marquée par l’arrivée de l’intelligence artificielle dans la détection et la correction des bugs. Cette version compte 18 765 modifications apportées par plus de 3 000 contributeurs, ce qui en fait une mise à jour majeure. Linus Torvalds, créateur du noyau Linux, a souligné que l’utilisation de l’IA pour repérer les erreurs devient une pratique courante dans le processus de développement. Le noyau est une couche logicielle essentielle qui permet aux systèmes d’exploitation comme Linux de communiquer avec le matériel de l’ordinateur.
Le noyau Linux 7.3 apporte une meilleure prise en charge de divers composants matériels. Il inclut pour la première fois le support des puces Apple M3 Pro, M3 Max et M3 Ultra, ainsi que des cœurs basse consommation chez AMD pour son architecture Zen. Pour les processeurs Intel, le noyau gère désormais les interruptions thermiques, tandis que les GPU AMD bénéficient de nouvelles fonctionnalités comme le bloc d’affichage DCN 6.0 et des modificateurs de format DRM. Plusieurs périphériques sont également mieux supportés, comme la manette Steam Controller de 2026, la manette MSI Claw et le micro HyperX QuadCast 2. Enfin, le noyau optimise l’ordonnanceur pour les processeurs hybrides, qui combinent des cœurs performants et des cœurs économes en énergie, et unifie la gestion des types de cœurs chez Intel et AMD.
Le noyau Linux 7.3 introduit un nouveau système de fichiers expérimental appelé failfs, développé par Christian Brauner. Ce système est conçu pour simuler des échecs lors des opérations de lecture ou d’écriture, en renvoyant systématiquement une erreur EOPNOTSUPP. L’objectif est de permettre aux processus de se détacher entièrement de leur dépendance au système de fichiers, en les forçant à utiliser des descripteurs de fichiers explicites pour accéder aux données. Par exemple, un processus dont le répertoire de travail est dans failfs ne pourra plus utiliser de chemins relatifs ou absolus, mais devra s’appuyer sur des références précises aux fichiers.
Le noyau Linux 7.3 améliore plusieurs systèmes de fichiers existants. Pour btrfs, une hausse des performances a été observée dans certains scénarios, selon les tests réalisés par Phoronix lors de la sortie de la première version candidate en août 2026. Le support des systèmes EFS et FreeVxFS est supprimé, tandis que ntfs3, qui permet de lire les partitions NTFS sous Linux, bénéficie d’avancées significatives, comme la gestion des flux de données alternatifs et un renforcement de sa sécurité. Par ailleurs, le noyau améliore le support du protocole SMB, utilisé pour le partage de fichiers entre ordinateurs, en intégrant des fonctionnalités comme la gestion de Time Machine (le système de sauvegarde d’Apple) et des améliorations de sécurité, comme le chiffrement des partages.
La disponibilité du noyau Linux 7.3 dépend des distributions Linux utilisées. Certaines distributions en *rolling release* (comme Arch Linux) proposent rapidement les nouvelles versions, tandis que d’autres attendent une mise à jour majeure pour intégrer le noyau. La prochaine version, le noyau Linux 7.4, est prévue pour fin décembre 2026 et promet des améliorations matérielles supplémentaires, comme le support du HDMI 2.1 pour les cartes graphiques Radeon, l’intégration des NPU (unités de traitement neuronal) dans les processeurs Ryzen AI Max 400, et des optimisations de la mémoire. Le support des puces Apple M4 et A18 Pro est également prévu. Il n’est pas encore confirmé si cette version sera une version LTS (*Long Term Support*), c’est-à-dire une version maintenue sur le long terme avec des correctifs de sécurité réguliers.

