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Économie

« Lectures d’aujourd’hui » – Régis Debray, Laëtitia Riss

LVSL · mis à jour 20 juil.

L'ère de la littérature est-elle terminée ? Pour Régis Debray, elle régnait en maître à l'époque de la « graphosphère », où l'écriture était le medium privilégié de représentation et d'expression. Elle a été reléguée à une place subalterne avec l'émergence de la « vidéosphère » : le livre cesse le support principal de l'imaginaire collectif.

La littérature en déclin

Régis Debray, philosophe et écrivain français, explique que la littérature a perdu son rôle central dans la société avec l’avènement de la vidéosphère, une période où les images et les écrans dominent l’imaginaire collectif. Selon lui, la littérature régnait en maître à l’époque de la graphosphère, une ère où l’écriture et le livre étaient les principaux supports de représentation et d’expression. Cette transition a relégué la littérature à une place subalterne, modifiant profondément la création artistique, l’esthétique et même les structures sociales. Debray souligne que cette évolution n’est pas neutre : elle influence la manière dont les idées circulent, dont les récits se construisent et dont les individus perçoivent le monde. Le colloque organisé par la Fondation Res Publica, qui s’est tenu les 16 et 17 décembre 2025 à la Bibliothèque nationale de France (BnF), a exploré ces transformations à travers les travaux de Debray.

Les médias et leur impact

Le passage de la graphosphère à la vidéosphère marque un changement radical dans les modes de communication. La graphosphère (XVe–XXe siècles) correspond à une société où l’écrit, notamment sous forme de livres, journaux ou pamphlets, structure la pensée et les débats. La vidéosphère (à partir du XXe siècle) privilégie les images, les vidéos et les réseaux sociaux, où l’information est souvent instantanée et visuelle. Régis Debray analyse comment cette mutation affecte la littérature, qui n’est plus le vecteur principal de diffusion des idées. Par exemple, les réseaux sociaux permettent une diffusion massive mais éphémère des contenus, tandis que le livre, plus long à produire et à consommer, semble moins adapté à ce rythme. Ce colloque a réuni des intervenants comme Laëtitia Riss, rédactrice en chef du média Le Vent Se Lève, Amaury Nauroy, écrivain et éditeur, ainsi que Côme Leymarie, doctorant, pour discuter de ces enjeux.

Un colloque à la BnF

Le colloque intitulé « Lectures d’aujourd’hui », organisé par la Fondation Res Publica, s’est déroulé sur deux jours, les 16 et 17 décembre 2025, dans la salle des conférences de la Bibliothèque nationale de France (BnF). Cet événement a permis d’aborder la pensée de Régis Debray et ses réflexions sur l’évolution de la littérature et des médias. Le Vent Se Lève, un média indépendant français, y a participé en invitant certains de ses contributeurs à intervenir. Les conférences ont été enregistrées et mises en ligne sur la chaîne YouTube de Le Vent Se Lève, offrant ainsi un accès gratuit à ces débats pour le public. Ce colloque s’inscrit dans une réflexion plus large sur le rôle de la culture et des idées dans une société en mutation, où les supports traditionnels comme le livre sont de plus en plus concurrencés par les nouvelles technologies.

Les intervenants clés

Quatre personnalités ont marqué ce colloque : Régis Debray, philosophe et écrivain, théoricien des concepts de graphosphère et vidéosphère ; Laëtitia Riss, rédactrice en chef du média Le Vent Se Lève, qui a animé les débats ; Amaury Nauroy, écrivain et éditeur, spécialiste des questions littéraires et éditoriales ; et Côme Leymarie, doctorant, dont les travaux portent sur les transformations culturelles et médiatiques. Chacun a apporté un éclairage différent : Debray a posé le cadre théorique, Riss a illustré ces enjeux par son expérience dans le journalisme, Nauroy a partagé son expertise en édition, et Leymarie a apporté une analyse académique sur les mutations de la culture. Leur collaboration a permis d’aborder le sujet sous plusieurs angles, de la théorie à la pratique.

Ce que ça pourrait changer

La Fondation Res Publica est un *think tank* français indépendant, créé en 2009, qui se consacre à l’analyse des grands enjeux politiques, économiques et sociaux. Elle organise régulièrement des colloques et publie des travaux pour contribuer aux débats publics. Dans ce cas précis, elle a choisi de mettre en avant les réflexions de Régis Debray sur l’évolution des médias et de la littérature, en réunissant des experts pour en discuter. Cet événement s’inscrit dans sa mission de promotion de la réflexion critique et de la démocratie intellectuelle. La Fondation Res Publica n’est pas affiliée à un parti politique, ce qui lui permet de maintenir une certaine neutralité dans ses analyses.

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