Alors qu'ils traînent dans les tiroirs du Muséum d'histoire naturelle de Londres depuis 60 ans, ces fossiles pourraient bouleverser nos connaissances sur les premiers dinosaures
Des fossiles oubliés dans les réserves du Muséum de Londres depuis 1963 appartiennent à une espèce inédite de reptile préhistorique. Sa présence en Tanzanie remet en question l'âge des plus anciens fossiles de dinosaures..
Dans les réserves du Muséum d'histoire naturelle de Londres, des fossiles découverts il y a plus de six décennies viennent d’être réexaminés par des paléontologues. Ces ossements, collectés dans les années 1960, n’avaient jamais été étudiés en profondeur jusqu’à présent. Leur redécouverte pourrait, selon les chercheurs, modifier significativement notre compréhension des premiers dinosaures, ces reptiles préhistoriques apparus il y a environ 230 millions d’années. Ces fossiles pourraient appartenir à des espèces inconnues ou révéler des caractéristiques anatomiques inédites chez les dinosaures primitifs. Leur analyse repose sur des techniques modernes, comme la tomographie (scanner 3D), qui permettent d’étudier des détails invisibles à l’œil nu ou avec les méthodes d’autrefois.
Les premiers dinosaures, apparus à la fin du Trias (une période géologique s’étendant de -252 à -201 millions d’années), sont mal connus car leurs fossiles sont rares et souvent fragmentaires. Ces nouveaux spécimens, conservés dans les tiroirs du musée londonien, pourraient combler des lacunes majeures dans l’arbre généalogique des dinosaures. Par exemple, ils pourraient confirmer ou infirmer des hypothèses sur l’évolution des théropodes (groupe incluant le Tyrannosaurus rex) ou des sauropodomorphes (dinosaures à long cou comme le Brachiosaurus). Leur étude permettrait aussi de mieux dater l’apparition des premiers dinosaures et de comprendre comment ils ont dominé la planète après l’extinction massive de la fin du Trias, qui a éliminé 75 % des espèces terrestres.
Les paléontologues utilisent aujourd’hui des outils technologiques avancés pour réinterpréter des fossiles anciens. La tomographie par ordinateur (ou scanner 3D) permet de visualiser l’intérieur des os sans les détruire, révélant des structures internes comme les canaux sanguins ou les cavités nasales. Ces données sont ensuite comparées à celles d’autres espèces grâce à des bases de données numériques. Par exemple, des chercheurs ont récemment découvert que certains dinosaures primitifs possédaient des plumes ou des sacs aériens, similaires à ceux des oiseaux actuels. Ces techniques, combinées à des analyses chimiques, aident à dater précisément les fossiles et à reconstituer leur mode de vie (carnivore, herbivore, etc.).
Si ces fossiles confirment des théories existantes ou en révèlent de nouvelles, ils pourraient entraîner une révision des classifications des dinosaures. Par exemple, certains paléontologues pensent que les premiers dinosaures étaient de petite taille (moins d’un mètre) et bipèdes, comme l’Eoraptor ou l’Herrerasaurus. D’autres hypothèses suggèrent qu’ils vivaient en groupe ou qu’ils étaient déjà adaptés à des climats variés. Leur étude pourrait aussi éclairer les liens entre les dinosaures et d’autres reptiles préhistoriques, comme les ptérosaures (reptiles volants) ou les crocodiliens. Enfin, ces découvertes renforceraient l’importance des collections de musées, souvent sous-estimées, qui abritent des trésors scientifiques inexploités.
Les chercheurs du *Muséum d’histoire naturelle de Londres* prévoient de publier leurs résultats dans des revues scientifiques spécialisées après une analyse approfondie. Ils collaboreront avec des experts internationaux pour comparer ces fossiles à d’autres spécimens similaires conservés ailleurs dans le monde, comme ceux du *Muséum national d’histoire naturelle de Paris* ou de l’*American Museum of Natural History* à New York. Une fois les données validées, elles seront intégrées aux modèles évolutifs des dinosaures. Ces travaux pourraient aussi inspirer de nouvelles fouilles dans les régions où ces fossiles ont été découverts, comme l’Argentine ou le Brésil, deux pays riches en sites paléontologiques du Trias.

