« I Want Your Sex » : pourquoi on valide le retour pop et maso de Gregg Araki
Douze ans après le mélancolique White Bird, Gregg Araki revient au cinéma avec un thriller érotique pas comme les autres : drôlement maso, sexpositif et rose fluo..
Le réalisateur Gregg Araki, connu pour ses films provocateurs et son style visuel pop, revient au cinéma après douze ans d'absence avec I Want Your Sex. Ce thriller érotique, sorti le 29 juillet 2026, marque un retour à un univers où le sexe, l'humour noir et une esthétique colorée se mêlent. Araki, figure du cinéma indépendant américain des années 1990, avait marqué les esprits avec des œuvres comme Totally Fucked Up (1993) ou The Doom Generation (1995). Son précédent film, White Bird (2014), était plus mélancolique. Ce nouveau projet s'inscrit dans une veine plus légère, mais toujours audacieuse, avec une touche de masochisme et une esthétique rose fluo.
Le film commence comme un polar, mais bascule rapidement dans une intrigue centrée sur une relation de domination sexuelle. Eliott, un jeune homme naïf et maladroit interprété par Cooper Hoffman, est embauché comme assistant par Erika Tracy, une star de l'art contemporain jouée par Olivia Wilde. Le poste se révèle être une relation de soumission consentie, où Eliott devient un esclave sexuel pour nourrir les œuvres provocatrices de sa patronne. Ce scénario s'inspire de films comme La Secrétaire (2003) ou 9 Semaines 1/2 (1986), mais avec une approche comique et décalée. Charli XCX incarne la petite amie d'Eliott, une pop star cynique et casse-cou, ajoutant une dimension humoristique au récit.
Gregg Araki aborde la question des relations de domination sexuelle dans un contexte post-mouvement MeToo, où les représentations de la sexualité et du pouvoir sont scrutées. Plutôt que d'éviter le sujet, il le traite avec humour et autodérision, évitant ainsi le cringe (gêne involontaire) ou les clichés. Le film inverse les rôles traditionnels en faisant de la femme la dominatrice, tout en se moquant gentiment des excès de la Gen Z (génération née entre la fin des années 1990 et le début des années 2010), souvent perçue comme coincée sur les questions de sexualité. Araki joue aussi avec les codes du cinéma érotique, en intégrant des références à des œuvres comme Cinquante nuances de Grey, mais en les détournant pour en faire une satire.
Le film se distingue par son esthétique pop et rose fluo, typique du style visuel d'Araki. Les décors, les costumes d'Olivia Wilde et les accessoires (comme les masques ou les tenues exubérantes) renforcent cette ambiance cartoon et kitsch. Cette approche visuelle sert à désamorcer les tensions liées à la relation de domination, tout en créant un contraste avec le réalisme des scènes de sexe. Le ton est à la fois provocateur et léger, avec un humour caustique (mordant) qui critique les excès de la société contemporaine, y compris ceux du milieu artistique. Cooper Hoffman incarne un Eliott attachant dans sa gaucherie, tandis qu'Olivia Wilde campe une Erika à la fois charismatique et ridicule, oscillant entre séduction et hypocrisie.
*I Want Your Sex* est distribué par *Metropolitan FilmExport* et sort en salles le 29 juillet 2026. Le film est présenté comme une comédie érotique, mais aussi comme une réflexion sur les dynamiques de pouvoir et la sexualité dans l'art contemporain. Araki, connu pour son audace et son refus des conventions, propose une œuvre qui se situe à la croisée du cinéma indépendant, du thriller et de la satire sociale. La présence de Cooper Hoffman, fils de Philip Seymour Hoffman, et d'Olivia Wilde, déjà connue pour ses rôles dans des films grand public comme *La La Land*, ajoute une dimension médiatique au projet. Le film est attendu comme un retour en forme pour un réalisateur qui a marqué les esprits par son approche sans tabou du cinéma.

