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Société

L'IA consomme beaucoup trop d'eau, et personne n'a encore trouvé la solution pour régler le problème

Slate FR · mis à jour il y a 12 j

Faire tourner les centres de données nécessaires au développement de l'IA coûte des milliards de litres d'eau. Un véritable enjeu environnemental, que les chercheurs tentent de résoudre à coups d'innovations..

IA et consommation d'eau

Les systèmes d'intelligence artificielle (IA), comme les chatbots, reposent sur des centres de données (des bâtiments remplis de milliers de serveurs ou processeurs) qui génèrent de la chaleur en traitant les requêtes. Pour éviter leur surchauffe, ces centres utilisent principalement de l'eau via des systèmes de refroidissement. En 2023, aux États-Unis, ces systèmes ont consommé 66 milliards de litres d'eau, soit environ 1 % de la consommation nationale. Avec l'expansion rapide de l'IA, cette consommation pourrait atteindre entre 3 % et 9 % d'ici 2040. Par exemple, Google affirme que le traitement d'une requête moyenne par son modèle Gemini ne nécessite que cinq gouttes d'eau, mais les experts, comme Fengqi You de l'université Cornell, prévoient une consommation bien plus élevée : entre 731 et 1 125 milliards de litres par an d'ici 2030 pour les centres de données américains, soit l'équivalent de l'approvisionnement annuel de la ville de New York.

Risques géographiques

La localisation des centres de données aggrave les problèmes dans les régions déjà touchées par le stress hydrique (situation où la demande en eau dépasse les ressources disponibles). Par exemple, dans des États comme l'Arizona, le Nouveau-Mexique ou le sud de la Californie, où les sécheresses sont fréquentes, l'installation de ces infrastructures accentue la pression sur les ressources en eau. Les experts soulignent que ces régions ne devraient pas accueillir de nouveaux centres de données, sauf si des solutions innovantes de gestion de l'eau sont mises en place. Le réchauffement climatique risque d'aggraver cette situation, rendant le choix des sites encore plus crucial pour limiter l'impact environnemental.

Solutions techniques

Pour réduire leur consommation d'eau, les entreprises technologiques explorent plusieurs pistes. L'une d'elles consiste à implanter les centres de données dans des régions moins arides et riches en énergies renouvelables (comme l'éolien ou le solaire). Selon les experts, cette solution pourrait réduire l'empreinte hydrique des centres de 86 %. Une autre approche est d'améliorer les techniques de refroidissement. Les entreprises comme Amazon, Microsoft et Google utilisent désormais le refroidissement liquide : des tuyaux remplis d'eau ou de liquides thermorégulateurs circulent directement au-dessus des processeurs pour évacuer la chaleur. D'autres méthodes, comme l'immersion des serveurs dans un liquide de refroidissement ou l'installation de centres de données en mer (pratiquée en Chine), sont également testées. Enfin, l'utilisation de processeurs de dernière génération, fonctionnant à des températures plus élevées, permet de diminuer le besoin en refroidissement.

Ce que ça pourrait changer

Face à ces enjeux, les grandes entreprises de la tech prennent des engagements pour réduire leur impact environnemental. Amazon vise un **bilan hydrique positif** d'ici 2030, ce qui signifie qu'elle souhaite restituer plus d'eau qu'elle n'en consomme. Google, de son côté, prévoit de restituer jusqu'à 120 % de l'eau douce consommée par ses centres de données d'ici 2030, grâce à des projets de gestion responsable de l'eau. Ces initiatives s'inscrivent dans une stratégie plus large visant à améliorer l'efficacité énergétique et à limiter l'empreinte écologique des infrastructures numériques. Cependant, ces efforts restent insuffisants pour certains experts, qui estiment que des solutions plus radicales seront nécessaires pour concilier innovation technologique et préservation des ressources.

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