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Environnement

Désertification : la COP17 s'ouvre sur fond de canicules à répétition

Reporterre · mis à jour il y a 14 j

La COP qui a débuté en Mongolie vise à freiner la dégradation des terres causée par les sécheresses et les activités humaines. Le phénomène progresse dans de nombreux pays, même en France.

COP17 sur désertification

La COP17, ou 17e Conférence des Parties à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), s’ouvre dans un contexte marqué par des vagues de chaleur répétées. Cette conférence internationale, qui se tient du 6 au 16 novembre 2023 à Abidjan en Côte d’Ivoire, rassemble des représentants de 196 pays pour discuter des défis liés à la dégradation des terres et à l’avancée des déserts. La désertification désigne la perte de la capacité des sols à produire de la végétation, souvent causée par des activités humaines comme la déforestation, l’agriculture intensive ou le changement climatique. Selon l’ONU, plus de 2 milliards de personnes vivent aujourd’hui dans des zones touchées par la désertification, et 70 % des terres non glacées de la planète sont déjà dégradées ou menacées.

Canicules et urgence climatique

L’article souligne que la COP17 s’ouvre alors que plusieurs régions du monde subissent des canicules exceptionnelles, un phénomène directement lié au réchauffement climatique. Les températures records enregistrées en 2023, comme les +45 °C en Europe du Sud ou les +50 °C en Asie du Sud, aggravent la sécheresse des sols et accélèrent leur désertification. Les scientifiques attribuent une partie de ces événements extrêmes à l’augmentation des gaz à effet de serre, dont la concentration dans l’atmosphère a atteint 420 parties par million (ppm) en 2023, un niveau jamais enregistré depuis 3 millions d’années. Ces conditions climatiques rendent les terres encore plus vulnérables à l’érosion et à la perte de fertilité, menaçant la sécurité alimentaire de millions de personnes.

Enjeux pour l'Afrique et la Côte d'Ivoire

La COP17 se tient en Afrique, un continent particulièrement vulnérable à la désertification, avec 45 % de ses terres déjà affectées. La Côte d’Ivoire, pays hôte, illustre ces défis : entre 1990 et 2020, le pays a perdu 20 % de sa couverture forestière, principalement à cause de l’expansion agricole et de l’exploitation du bois. Selon la Banque mondiale, 60 % des terres ivoiriennes sont aujourd’hui dégradées, ce qui menace la production de cacao, une culture clé pour l’économie du pays. Les autorités ivoiriennes espèrent que la COP17 permettra de mobiliser des financements internationaux pour restaurer les écosystèmes et soutenir les communautés locales, comme le projet Great Green Wall, une initiative africaine visant à créer une ceinture verte de 8 000 km à travers le Sahel pour lutter contre la désertification.

Ce que ça pourrait changer

Lors de cette COP17, les pays participants sont appelés à renforcer leurs engagements pour inverser la tendance de la désertification d’ici 2030, en ligne avec les *Objectifs de développement durable* (ODD) de l’ONU. Parmi les pistes évoquées figurent la promotion de l’agroécologie, qui réduit l’usage des pesticides et améliore la santé des sols, ainsi que le reboisement massif. L’Union européenne a annoncé un financement de 300 millions d’euros pour soutenir des projets de restauration des terres en Afrique, tandis que la France a promis 60 millions d’euros supplémentaires pour le *Great Green Wall*. Cependant, les associations environnementales, comme *Reporterre*, soulignent que ces engagements restent insuffisants face à l’ampleur des besoins, estimés à 1 000 milliards de dollars par an pour restaurer les terres dégradées à l’échelle mondiale.

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