Montréal rejette la suspension des liens institutionnels avec Israël
Les élus montréalais ont amendé lundi soir une motion de solidarité avec le peuple palestinien..
Le conseil municipal de Montréal a amendé et adopté une motion concernant le conflit entre Israël et la Palestine, plus précisément la guerre à Gaza qui a débuté en octobre 2023. Cette motion, initialement proposée par le parti Projet Montréal, visait à exprimer une solidarité envers le peuple palestinien et à dénoncer ce que le parti qualifie de régime d’apartheid en Palestine ainsi que de génocide perpétré à Gaza. Les termes apartheid et génocide sont utilisés ici dans un cadre politique et juridique spécifique : l’apartheid désigne un système de ségrégation institutionnalisée, tandis que le génocide renvoie à des actes commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux. Ces accusations sont controversées et font l’objet de débats internationaux. La motion initiale appelait également à suspendre les liens institutionnels entre la Ville de Montréal et le gouvernement israélien, ses institutions et ses collectivités locales.
Lors d’une séance tenue le 24 août 2026, les 54 élus du conseil municipal de Montréal ont voté en faveur d’une version amendée de la motion, contre six voix opposées. La principale modification apportée par l’administration de la mairesse Soraya Martinez Ferrada a été le retrait de la section exigeant la suspension des liens institutionnels avec Israël. La nouvelle version de la motion se concentre sur l’expression de la solidarité envers toutes les populations civiles touchées par les conflits, tout en réaffirmant l’engagement de la Ville à préserver la cohésion sociale, la sécurité et le vivre-ensemble à Montréal. Le vivre-ensemble désigne ici l’objectif de maintenir une société inclusive et harmonieuse, malgré les divisions liées à des conflits internationaux. La motion amendée met également l’accent sur la lutte contre l’antisémitisme, l’islamophobie et toutes les formes de haine, ainsi que sur le respect du droit international.
La cheffe de l’opposition officielle, Ericka Alneus, membre du parti Projet Montréal, a exprimé sa déception face aux amendements imposés par l’administration municipale. Elle a souligné que ces modifications ont « considérablement dilué » l’intention initiale de la motion, tout en votant contre. Malgré cela, elle a salué l’adoption de la motion comme un « geste historique » pour Montréal, reconnaissant enfin publiquement la solidarité de la Ville envers le peuple palestinien. Elle a également rappelé que des milliers de Montréalais ont des proches directement affectés par le conflit, ce qui rend la question particulièrement sensible pour la communauté locale. Le parti Projet Montréal, bien que minoritaire au conseil, a joué un rôle central dans la présentation et la défense de cette motion.
La motion adoptée par le conseil municipal de Montréal vise plusieurs objectifs principaux, selon le communiqué de la mairesse et du comité exécutif. Elle cherche d’abord à exprimer une solidarité envers toutes les victimes civiles des conflits, sans distinction de nationalité ou d’origine. Ensuite, elle réaffirme la responsabilité de la Ville de Montréal en matière de cohésion sociale et de sécurité, dans un contexte où les tensions internationales peuvent parfois se répercuter localement. Enfin, elle insiste sur la nécessité de lutter contre les discriminations, notamment l’antisémitisme et l’islamophobie, qui peuvent émerger en réaction à des conflits géopolitiques. La motion souligne aussi l’importance du respect du droit international et des institutions chargées de son application, comme les Nations unies ou la Cour pénale internationale.

