Un contrat à 2, 6 milliards d'euros : EDF va construire à Oman une batterie hydraulique capable de stocker 2 GW d'électricité
Le stockage d'électricité devient le cœur d'un contrat majeur signé entre EDF et le sultanat d'Oman. Le groupe français va construire une station qui pompera de l'eau vers un réservoir en hauteur pour la relâcher aux heures de forte demande.
EDF, le géant français de l'électricité, a remporté un contrat historique de 2,6 milliards d'euros pour construire en Oman une installation de stockage d'énergie par pompage-turbinage. Ce projet, d'une capacité de 2 gigawatts (GW), représente l'un des plus importants investissements jamais réalisés par un groupe français dans le secteur des énergies renouvelables à l'étranger. Un gigawatt équivaut à la puissance d'un million de chauffe-eau ou à celle de deux réacteurs nucléaires de type EPR. Ce contrat s'inscrit dans une stratégie d'expansion internationale d'EDF, qui cherche à développer des solutions de stockage pour accompagner la transition énergétique mondiale. Le projet sera réalisé en partenariat avec des acteurs locaux omanais, bien que leur rôle exact ne soit pas précisé dans l'article.
L'installation prévue en Oman fonctionne selon le principe du pompage-turbinage, une technologie mature et éprouvée pour stocker de grandes quantités d'électricité. Concrètement, elle utilise deux réservoirs d'eau situés à des altitudes différentes. Lorsque la demande en électricité est faible (par exemple la nuit ou par grand vent), l'excédent d'énergie produit par des sources intermittentes comme l'éolien ou le solaire sert à pomper l'eau du réservoir inférieur vers le réservoir supérieur. À l'inverse, lorsque la demande est forte, l'eau est relâchée du réservoir supérieur vers le réservoir inférieur, actionnant des turbines qui génèrent de l'électricité. Cette méthode permet de stocker jusqu'à 2 GW pendant plusieurs heures, soit l'équivalent de la consommation d'un pays comme la Belgique pendant une journée. Contrairement aux batteries lithium-ion, cette technologie offre une durée de vie quasi illimitée et une capacité de stockage massive, mais elle nécessite des reliefs montagneux ou des dénivelés importants, comme ceux présents en Oman.
Ce projet s'inscrit dans un contexte où les pays du Golfe, comme Oman, cherchent à diversifier leur économie dépendante du pétrole et à développer des infrastructures énergétiques durables. Oman vise notamment à porter la part des énergies renouvelables dans son mix électrique à 30 % d'ici 2030, contre moins de 5 % actuellement. Le stockage d'énergie est un maillon essentiel pour intégrer davantage de solaire et d'éolien dans le réseau, car ces sources sont intermittentes. Le contrat signé avec EDF, d'une durée non précisée, pourrait servir de modèle pour d'autres projets similaires dans la région. Sur le plan financier, l'investissement de 2,6 milliards d'euros sera partiellement financé par des prêts internationaux et des fonds souverains, mais les modalités exactes ne sont pas détaillées dans l'article.
La construction de cette installation hydraulique en Oman soulève plusieurs défis techniques et environnementaux. D'abord, le site doit offrir un dénivelé suffisant entre les deux réservoirs, ce qui limite les zones potentielles. Ensuite, la réalisation de grands barrages ou réservoirs artificiels peut impacter les écosystèmes locaux, notamment les cours d'eau et la faune aquatique. Les promoteurs du projet devront donc mener des études d'impact environnemental rigoureuses et mettre en place des mesures d'atténuation, comme des passes à poissons pour permettre aux espèces de migrer. Par ailleurs, la gestion de l'eau dans une région désertique comme Oman, où les ressources hydriques sont limitées, sera un enjeu crucial. L'article ne précise pas si le projet inclut des systèmes de recyclage ou de dessalement d'eau.
Ce projet pourrait marquer un tournant dans l'adoption du stockage hydraulique à grande échelle, une technologie souvent éclipsée par les batteries lithium-ion, plus médiatisées mais moins adaptées aux très grandes capacités. Avec une capacité de 2 GW, cette installation serait l'une des plus puissantes au monde, dépassant de loin les projets existants comme la centrale de Bath County aux États-Unis (3 GW) ou celle de Dinorwig au Royaume-Uni (1,7 GW). Si le projet aboutit comme prévu, il pourrait inspirer d'autres pays à investir dans des solutions similaires, notamment ceux disposant de reliefs montagneux et de ressources solaires ou éoliennes abondantes. Cependant, l'article ne mentionne pas de calendrier précis pour le début ou la fin des travaux, ni les étapes clés du projet.

