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Santé : la communauté médicale reconnaît officiellement un nouveau type de diabète, différent des types 1 et 2

Presse-Citron · mis à jour il y a 16 h

Décrit pour la première fois en 1955, puis oublié, contesté et retiré des classifications officielles, ce diabète lié à la malnutrition vient enfin d'obtenir un nom et une reconnaissance mondiale, soixante-dix ans après sa découverte..

Deux types de diabète

Jusqu’en 2025, la médecine distinguait principalement deux types de diabète : le diabète de type 1 (DT1) et le diabète de type 2 (DT2). Le DT1 est une maladie auto-immune où le système immunitaire détruit les cellules du pancréas produisant l’insuline, une hormone essentielle pour réguler le taux de sucre dans le sang. Sans insuline, le sucre s’accumule dans le sang, ce qui peut entraîner des complications graves. Le DT2, plus fréquent, survient lorsque l’organisme produit de l’insuline mais que les cellules y deviennent résistantes, souvent à cause d’une mauvaise alimentation ou d’un manque d’activité physique. Contrairement au DT1, les personnes atteintes de DT2 sécrètent encore de l’insuline, mais leur corps l’utilise mal.

Un troisième type ignoré

Depuis les années 1950, des médecins observaient des patients présentant un diabète aux symptômes différents de ceux du DT1 ou du DT2. Ces patients, souvent issus de régions touchées par la malnutrition sévère, avaient un déficit en insuline mais sans destruction du pancréas par le système immunitaire, comme dans le DT1. De plus, contrairement aux personnes atteintes de DT2, leurs cellules restaient sensibles à l’insuline. Pendant des décennies, ces cas étaient mal classés, soit dans le DT1, soit dans le DT2, sans protocole adapté. Ce diabète atypique a finalement été reconnu en 2025 par la Fédération internationale du diabète (FID), qui l’a baptisé diabète de type 5 (DT5) et l’a publié dans la revue The Lancet Global Health.

Histoire d’un diabète oublié

Le DT5, anciennement appelé diabète lié à la malnutrition (ou MRDM), a été décrit pour la première fois en 1955 en Jamaïque chez des jeunes patients souffrant de malnutrition sévère. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) l’a brièvement intégré à sa classification dans les années 1980, avant de le retirer en 1999, faute de preuves scientifiques suffisantes. Cependant, cette absence de reconnaissance a créé un cercle vicieux : sans financement, peu d’études ont été menées, et sans preuves, la reconnaissance officielle a été retardée. Pendant plus de 25 ans, des millions de patients sont restés sans diagnostic précis, traités avec des protocoles inadaptés pour le DT1 ou le DT2.

Mécanisme du DT5

Le DT5 est directement lié à des carences nutritionnelles prolongées, notamment pendant l’enfance. Ces carences peuvent altérer le développement du pancréas, réduisant sa capacité à produire de l’insuline à long terme. Les patients atteints de DT5 ont donc un déficit en insuline, comme ceux atteints de DT1, mais à un degré moindre. Contrairement aux personnes atteintes de DT2, leurs cellules restent sensibles à l’insuline. Cependant, leur traitement nécessite des doses très faibles d’insuline pour éviter des hypoglycémies sévères (taux de sucre trop bas dans le sang), ce qui rend les protocoles standards inefficaces ou dangereux pour eux.

Un problème mondial

Le DT5 toucherait jusqu’à 25 millions de personnes dans le monde, principalement en Asie, en Afrique et de plus en plus en Amérique latine et dans les Caraïbes. Selon Meredith Hawkins, endocrinologue à l’Institut mondial du diabète de l’Albert Einstein College of Medicine, ce diabète est plus fréquent que la tuberculose et presque aussi répandu que le VIH/sida. Pourtant, son absence de reconnaissance officielle a freiné les efforts pour le diagnostiquer et développer des traitements adaptés. En 2022, une étude pionnière a enfin caractérisé le profil métabolique distinct du DT5, permettant sa reconnaissance officielle en 2025.

Ce que ça pourrait changer

Bien que le DT5 ait désormais un nom, son prise en charge reste incomplète. Il manque encore des **critères diagnostiques standardisés**, des protocoles de soin spécifiques, des traitements adaptés et des financements pour mener des essais cliniques. La reconnaissance par la FID est une première étape, mais l’**Organisation mondiale de la santé (OMS)** est appelée à suivre. L’objectif est de garantir l’accès aux soins dans les régions les plus touchées, où les systèmes de santé sont souvent fragiles. Cette avancée pourrait aussi permettre de mieux comprendre les liens entre malnutrition et diabète, ouvrant la voie à des solutions préventives et curatives.

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