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Culture

Avoir raison avec... Niki de Saint Phalle 3/5 : Rendre l'art populaire

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 22 j

À partir du milieu des années 1960, Niki de Saint Phalle commence à réaliser de multiples projets pour l’espace public. De la fontaine Stravinsky à Paris au Jardin des Tarots en Toscane, ses sculptures changent d'échelle mais poursuivent toujours le même objectif : plaire au plus grand nombre..

Niki de Saint Phalle et l'art public

À partir du milieu des années 1960, Niki de Saint Phalle se tourne vers des projets artistiques destinés à l'espace public, marquant un changement d'échelle dans son travail. Parmi ses réalisations emblématiques figurent la Fontaine Stravinsky à Paris, le Golem à Jérusalem, la sculpture Hon à Stockholm et le Jardin des Tarots en Toscane. Ces œuvres, de plus en plus monumentales, visent à rendre l'art accessible à tous, indépendamment du niveau de connaissance artistique ou de l'âge des visiteurs. Lucia Pesapane, historienne de l'art, souligne que Niki de Saint Phalle a choisi dès le début un art public, conçu pour être découvert par hasard lors de promenades urbaines, avec une volonté claire de démocratisation de l'art.

Un art joyeux et inclusif

L'art de Niki de Saint Phalle se caractérise par des couleurs vives, une esthétique joyeuse et ludique, et une douceur qui le rend immédiatement attrayant. Elle affirmait elle-même que « le grand public est mon public », insistant sur l'importance de toucher un large public sans distinction. Les enfants occupent une place particulière dans son œuvre, comme en témoigne le Golem à Jérusalem, une sculpture monumentale représentant un monstre à trois langues symbolisant les trois grandes religions monothéistes. Cette œuvre illustre sa volonté de transmettre un message d'espoir, d'union et de fraternité. Niki de Saint Phalle est également pionnière en considérant l'espace comme un environnement à part entière, et non comme un simple support pour l'art. Pour elle, l'art doit être accessible dans la rue, et non confiné dans des salons ou des musées.

Inspirations et influences majeures

En 1955, Niki de Saint Phalle visite le parc Güell à Barcelone, conçu par Antoni Gaudí, une expérience qui marque un tournant dans sa carrière. Gaudí, avec son usage des courbes, des motifs végétaux et animaux, et des jeux d'eau, lui inspire le rêve de créer des œuvres monumentales et colorées. Elle s'inspire également d'autres jardins utopiques comme le parc des Monstres à Bomarzo et le désert de Retz. Contrairement aux architectes modernistes des années 1950-1960, qui privilégient les angles droits et les formes uniformes, Niki de Saint Phalle préfère les espaces organiques, comme des grottes ou des cavernes, conçus pour offrir un refuge et favoriser la création d'utopies. Lucia Pesapane explique que pour elle, ces lieux devaient permettre aux visiteurs de se sentir bien et de s'évader.

Le Jardin des Tarots, un projet monumental

Le Jardin des Tarots, situé en Toscane, est l'un des projets les plus ambitieux de Niki de Saint Phalle. Sa construction s'étend de 1978 à 1998, date de son ouverture au public. Ce jardin, inspiré par les cartes de tarot, est une œuvre monumentale et colorée qui intègre des sculptures géantes représentant les arcanes majeurs. Chaque structure est conçue comme un espace à explorer, mêlant art, architecture et nature. Ce projet illustre parfaitement sa volonté de créer des environnements artistiques immersifs, accessibles à tous et porteurs de messages universels. Le jardin est aujourd'hui considéré comme l'une de ses réalisations les plus abouties, attirant des visiteurs du monde entier.

Ce que ça pourrait changer

Niki de Saint Phalle se distingue non seulement par son approche artistique innovante, mais aussi par son engagement en faveur d'un art populaire et inclusif. Elle est l'une des premières artistes, hommes et femmes confondus, à concevoir l'art comme une performance publique, intégrant l'espace et le public dans son processus créatif. Ses œuvres, souvent monumentales et colorées, transmettent des messages de paix, de fraternité et d'espoir, comme en témoigne le *Golem* à Jérusalem. Pierre-Marie Lejeune, sculpteur, souligne que son art ne se contente pas d'être esthétique : il cherche à créer des lieux de refuge et d'évasion, où chacun peut se sentir bien et s'évader du quotidien. Son approche a marqué l'histoire de l'art en démocratisant l'accès à la culture.

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