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On sait enfin pourquoi les astronautes et cosmonautes ont des problèmes de défécation dans l'espace

Science & Vie · mis à jour il y a 2 j

Les problèmes de défécation dans l’espace viendraient d’un transit intestinal ralenti par la microgravité. Faute de fibres, les bactéries utilisent davantage les protéines et produisent alors des composés qui préoccupent les médecins..

Problème historique

Depuis les débuts de l'exploration spatiale, les astronautes et cosmonautes rapportent des difficultés majeures lors des missions en apesanteur, notamment pour les besoins naturels comme la défécation. Ce problème, souvent minimisé ou évoqué de manière anecdotique, a été confirmé par des décennies d'observations et de témoignages. Les systèmes de toilettes spatiaux, bien que fonctionnels, restent complexes à utiliser et source de stress pour les équipages. Les missions Apollo, la Station spatiale internationale (ISS) et les vols habités russes ont tous documenté ces difficultés, sans que les causes exactes ne soient clairement identifiées jusqu'à présent.

Rôle de la gravité

La gravité terrestre joue un rôle clé dans le fonctionnement du système digestif humain. Sur Terre, la gravité facilite le transit des aliments et des déchets à travers le tube digestif, en particulier au niveau de l'intestin. Dans l'espace, l'absence de gravité perturbe ce mécanisme naturel. Les muscles et les parois intestinales, qui dépendent en partie de la gravité pour se contracter efficacement, voient leur fonctionnement altéré. Cette perturbation entraîne des ralentissements du transit intestinal, rendant les selles plus dures et plus difficiles à évacuer. Les scientifiques parlent d'une dysmotilité intestinale induite par l'apesanteur.

Effet sur le corps

L'apesanteur a également des conséquences sur la répartition des fluides corporels. Dans l'espace, les fluides ne sont plus attirés vers le bas par la gravité, ce qui modifie la pression dans l'abdomen et le pelvis. Cette redistribution peut comprimer les organes digestifs et perturber davantage le transit. De plus, le manque d'activité physique en microgravité affaiblit les muscles abdominaux, essentiels pour pousser lors de l'évacuation des selles. Ces facteurs combinés expliquent pourquoi les astronautes décrivent souvent leurs selles comme plus longues, plus douloureuses et moins complètes que sur Terre.

Solutions envisagées

Pour atténuer ces problèmes, les agences spatiales comme la NASA et l'ESA (Agence spatiale européenne) testent des solutions innovantes. Parmi elles, l'utilisation de systèmes de toilettes plus ergonomiques, intégrant des mécanismes d'aspiration pour compenser l'absence de gravité. Des recherches sont également menées sur l'alimentation des astronautes, avec des régimes riches en fibres pour stimuler le transit. Une autre piste consiste à maintenir une activité physique intense pour renforcer les muscles abdominaux. Enfin, des études sur des probiotiques ou des médicaments spécifiques pourraient aider à réguler le fonctionnement intestinal en milieu spatial.

Ce que ça pourrait changer

Au-delà des aspects purement physiques, les problèmes de défécation en apesanteur ont un impact psychologique non négligeable sur les équipages. La gestion des déchets corporels en milieu confiné et sous le regard des autres membres de l'équipage peut générer de l'anxiété ou de la gêne. Les astronautes rapportent que ces contraintes, bien que mineures comparées aux enjeux de la mission, affectent leur bien-être et leur concentration. Les agences spatiales intègrent désormais ces aspects dans la préparation psychologique des astronautes, en insistant sur la communication et la gestion des émotions en équipe.

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