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Transition du règlement-livraison à T+1 : une réforme ambitieuse sous forte contrainte opérationnelle

LexisVeille · mis à jour il y a 10 j

Transition du règlement-livraison à T+1 : une réforme ambitieuse sous forte contrainte opérationnelle Banque et finance Droit européen.

Réforme T+1 en Europe

Le 20 juillet 2026, l’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF ou ESMA en anglais) a publié une déclaration urgente concernant la transition vers un cycle de règlement-livraison accéléré, appelé T+1. Cette réforme impose aux marchés financiers européens de réduire le délai entre la négociation d’un actif (comme une action) et sa livraison finale de deux jours (T+2) à un seul jour (T+1). L’objectif est d’améliorer l’efficacité, la sécurité et la compétitivité des marchés européens en alignant les pratiques sur celles d’autres régions comme les États-Unis, où le passage à T+1 a déjà été effectué. La date d’entrée en vigueur est fixée au 11 octobre 2026, ce qui laisse peu de temps aux acteurs du secteur pour s’adapter.

Acteurs concernés

Cette réforme impacte directement plusieurs acteurs clés des marchés financiers en Europe. Les banques, les courtiers, les gestionnaires d’actifs et les infrastructures de marché (comme les chambres de compensation) doivent modifier leurs processus opérationnels pour respecter le nouveau délai. L’AEMF joue un rôle central en tant que régulateur européen, en supervisant la mise en œuvre et en exhortant les acteurs à finaliser leurs préparatifs. Les investisseurs, qu’ils soient particuliers ou institutionnels, ne sont pas directement concernés par les changements techniques, mais pourraient ressentir des effets indirects sur les coûts ou la liquidité des marchés. La réforme s’inscrit dans un cadre juridique européen, ce qui signifie que tous les pays de l’Union européenne doivent s’y conformer.

Enjeux opérationnels

La transition vers T+1 représente un défi opérationnel majeur pour les acteurs des marchés financiers. Actuellement, le délai de T+2 permet aux intermédiaires de gérer les risques, de corriger les erreurs et de finaliser les transactions en toute sécurité. Passer à T+1 réduit ce temps de moitié, ce qui exige une automatisation accrue des processus, une meilleure coordination entre les acteurs et des systèmes informatiques plus performants. Les risques incluent des erreurs de traitement, des retards dans les livraisons ou des difficultés à mobiliser les fonds nécessaires en temps voulu. Les acteurs doivent donc investir dans des technologies comme la blockchain ou l’intelligence artificielle pour fluidifier les opérations.

Calendrier et échéance

Le calendrier de cette réforme est strict et non négociable. Après l’annonce de l’AEMF le 20 juillet 2026, les acteurs disposent de moins de trois mois pour se préparer avant l’entrée en vigueur prévue le 11 octobre 2026. Cette échéance serrée vise à éviter des retards qui pourraient fragiliser la stabilité des marchés. Les préparatifs incluent des tests techniques, des audits des processus internes et des formations pour les équipes. L’AEMF a souligné l’importance de ne pas sous-estimer l’ampleur des changements nécessaires, notamment pour les petites et moyennes structures qui pourraient manquer de ressources.

Ce que ça pourrait changer

La réforme *T+1* poursuit plusieurs objectifs stratégiques pour les marchés financiers européens. D’abord, elle vise à réduire les risques de contrepartie, c’est-à-dire le risque qu’une partie d’une transaction ne respecte pas ses engagements, en accélérant la finalisation des échanges. Ensuite, elle cherche à améliorer la liquidité des marchés, permettant aux investisseurs de réallouer plus rapidement leurs capitaux. Enfin, cette transition s’inscrit dans une volonté de modernisation et d’harmonisation des pratiques européennes avec les standards internationaux, comme ceux des États-Unis ou du Royaume-Uni. À long terme, ces changements pourraient renforcer la confiance des investisseurs dans les marchés européens.

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