Arabie saoudite : nouvelle attaque contre l’aéroport de Riyad
Plus tôt dimanche, les Houthis du Yémen ont réitéré leurs menaces contre les aéroports saoudiens..
Une nouvelle attaque a visé dimanche 11 octobre 2026 l'aéroport international King Khalid de Riyad, capitale de l'Arabie saoudite. Selon le porte-parole de la coalition militaire saoudienne, le général Turki Al-Malki, un projectile non identifié a provoqué un incendie dans le terminal passagers numéro 4. Les défenses antiaériennes ont également intercepté et détruit un missile de croisière à proximité de l'aéroport. Cette attaque survient après une première frappe samedi 10 octobre, qui avait fait au moins 12 morts parmi des civils de différentes nationalités, dont des Saoudiens, des Bangladais, un Américain, un Égyptien, un Argentin, un Syrien, un Palestinien et un Soudanais. Ces violences sont les plus graves dans le royaume depuis 2015, année où un attentat suicide de l'État islamique (EI) avait causé 15 morts dans une mosquée à Abha.
Les Houthis, un mouvement armé yéménite soutenu par l'Iran, ont réitéré dimanche leurs menaces contre les aéroports saoudiens, à l'exception de ceux des villes saintes de La Mecque et de Médine. Leur porte-parole militaire, Yahya Saree, a affirmé sur le réseau social X (anciennement Twitter) que les voyageurs, employés et compagnies aériennes utilisant l'espace aérien saoudien seraient exposés à des frappes. Bien que les Houthis n'aient pas revendiqué l'attaque de samedi, la coalition saoudienne et une source diplomatique leur ont attribué la responsabilité, la qualifiant de crime de guerre. Les Houthis ont lancé une offensive éclair en septembre 2026, s'emparant du contrôle de la mer Rouge et du détroit stratégique de Bab el-Mandeb, ce qui a déclenché une contre-offensive des forces gouvernementales yéménites.
L'aéroport international King Khalid de Riyad a été fermé samedi soir 10 octobre 2026 après l'attaque, et sa réouverture reste indéterminée. Les opérations sont suspendues jusqu'à nouvel ordre en raison de dommages aux systèmes de radar, de communication et aux pistes. Plusieurs ambassades étrangères, dont celle des États-Unis, ont recommandé à leur personnel d'éviter l'aéroport pendant une semaine. L'ambassade américaine a étendu ces restrictions aux aéroports de Dammam et de Jeddah. Cette fermeture perturbe un mois marqué par des conférences internationales majeures à Riyad, attirant dirigeants et acteurs économiques. De nombreuses entreprises et écoles de la capitale ont basculé en télétravail ou en enseignement à distance pour la semaine.
L'attaque a suscité de vives condamnations à l'international. Le président américain Donald Trump a qualifié l'incident d'inacceptable et a évoqué une possible participation des États-Unis aux opérations militaires contre les Houthis, après avoir discuté avec le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, dirigeant de facto du royaume. L'ONU, l'Union européenne, plusieurs pays comme la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, le Qatar, la Jordanie, l'Irak et le Pakistan ont également condamné l'escalade, la qualifiant de dangereuse. Malgré des tensions diplomatiques, les Émirats arabes unis ont exprimé leur solidarité avec l'Arabie saoudite et leur soutien à ses mesures de sécurité. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a partagé cette position.
Cette escalade s'inscrit dans le cadre d'un conflit prolongé au Yémen, où les Houthis, soutenus par l'Iran, affrontent les forces gouvernementales yéménites, soutenues par une coalition dirigée par l'Arabie saoudite depuis 2015. En septembre 2026, les Houthis ont lancé une offensive rapide, prenant le contrôle de la mer Rouge et du détroit de Bab el-Mandeb, une zone stratégique reliant la mer Rouge à l'océan Indien. Les forces gouvernementales yéménites tentent de reprendre le contrôle de ce détroit, mais sans succès pour l'instant. Les Houthis ont également signalé deux frappes saoudiennes sur Sanaa, la capitale yéménite sous leur contrôle, tandis que des sources militaires gouvernementales ont indiqué des progrès autour du détroit, sans parvenir à le sécuriser.

