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Environnement

Il ne sera plus chassé en France : le lagopède alpin, «perdrix des neiges» en sursis face au réchauffement climatique

Vert.eco · mis à jour il y a 12 j

Ce mardi, le ministère de la transition écologique a ajouté deux nouvelles espèces sur la liste des oiseaux protégés en France : le grand tétras et le lagopède alpin. Moins connu, ce dernier habite les pierriers enneigés de haute montagne, mais son aire de répartition fond à mesure que le climat s’emballe..

Qui est le lagopède alpin

Le lagopède alpin, surnommé la «perdrix des neiges», est un oiseau de montagne adapté aux milieux froids et enneigés, vivant jusqu’à 3 000 mètres d’altitude dans les Alpes et les Pyrénées. Son nom scientifique est Lagopus muta, et il est parfois appelé «patte de lièvre» en référence à ses pattes emplumées, qui lui servent de raquettes pour marcher dans la neige. En hiver, son plumage devient entièrement blanc pour se camoufler dans la neige, tandis qu’en été, il mue en brun-gris pour se fondre dans les rochers et les pelouses d’altitude. Cet oiseau est considéré comme une «espèce relique», c’est-à-dire qu’il a survécu à la fin du dernier âge glaciaire il y a environ 10 000 ans en se réfugiant dans les zones froides du globe. Aujourd’hui, il est menacé par le réchauffement climatique et les activités humaines.

Protection officielle en France

Le 8 septembre 2026, le ministère de la Transition écologique a classé le lagopède alpin sur la liste des oiseaux protégés en France hexagonale, aux côtés du grand tétras. Cette décision, la première de ce type depuis 2009, signifie que la chasse de ces deux espèces est désormais interdite. Le reclassement fait suite à un rappel à l’ordre du Conseil d’État en mars 2026, qui avait enjoint au gouvernement de suspendre la chasse du lagopède alpin pour cinq ans en raison de son mauvais état de conservation. La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) salue cette «avancée historique», tandis que la Fédération nationale des chasseurs (FNC) critique une décision jugée «hors-sol et hors contexte».

Menaces climatiques et humaines

Le lagopède alpin subit deux menaces majeures : le réchauffement climatique et les dérangements humains. Avec le changement climatique, les températures estivales en montagne deviennent trop élevées pour l’espèce, qui cherche en vain des zones fraîches. Selon les modélisations climatiques, son aire de distribution dans les Alpes françaises devrait se contracter de 36 % d’ici 2070, avec une disparition progressive des Préalpes et des Alpes du Sud. Par ailleurs, l’espèce a déjà disparu de 33 % des communes des Alpes où elle était présente il y a soixante ans, et de 21 % dans les Pyrénées. Les activités humaines comme le tourisme, les domaines skiables, les routes et le pastoralisme empiètent sur son habitat, le plaçant en situation de survie.

Déclin et disparition progressive

Le lagopède alpin a vu son habitat se réduire drastiquement. Il y a cinquante ans, on pouvait l’observer dès 1 600 mètres d’altitude, mais aujourd’hui, il est rare en dessous de 2 000 mètres. Dans les Pyrénées, Thierry de Noblens, du Comité écologique ariégeois, souligne que «plus le réchauffement climatique s’intensifie, plus il va monter. Mais, en France, il n’existe pas des centaines de milliers d’hectares au-dessus de 2 000 mètres». Cette disparition progressive est également liée à la fragmentation de son habitat et à la pression exercée par les activités humaines, qui le poussent vers des zones de plus en plus restreintes.

Fin de la chasse et actions futures

La protection du lagopède alpin met fin à sa chasse, autorisée jusqu’alors dans certains départements comme l’Isère, la Savoie ou la Haute-Savoie. Depuis les années 2000, des associations écologistes ont mené un combat juridique pour suspendre les quotas de chasse, avec des victoires comme en Ariège, où le Comité écologique ariégeois a obtenu une vingtaine de succès devant les tribunaux depuis 2008. Avec ce nouveau statut, des actions pourront être menées pour préserver son biotope, comme la création de zones de quiétude dans les massifs du Queyras, des Écrins ou du Mercantour. Ces dispositifs visent à limiter les dérangements humains et à sensibiliser les visiteurs à adopter des comportements respectueux en montagne.

Ce que ça pourrait changer

Plusieurs acteurs clés interviennent dans la protection du lagopède alpin. Le ministère de la Transition écologique a pris la décision de le classer comme espèce protégée, tandis que des scientifiques comme Charlotte Perrot (Office français de la biodiversité) étudient son déclin et ses besoins. La LPO et le Comité écologique ariégeois ont joué un rôle central dans la lutte contre la chasse et la défense de l’espèce. À l’avenir, la protection du lagopède alpin permettra une meilleure prise en compte de ses besoins lors des aménagements, ainsi que la mise en place de programmes d’actions pour tenter de sauver les dernières populations. Cependant, son avenir reste incertain en raison des défis posés par le réchauffement climatique.

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