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Rentrée scolaire : plus de 3000 postes d’enseignants encore à pourvoir au Québec

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 20 j

Ce nombre est en baisse par rapport à la même période des deux dernières années..

Pénurie d'enseignants au Québec

À moins de deux semaines de la rentrée scolaire 2026 au Québec, 3 132 postes d’enseignants restent à pourvoir, ce qui représente 3,6 % de l’effectif total. Ce chiffre marque une amélioration par rapport aux années précédentes : en 2025, 4 115 postes étaient vacants (4,4 %), et en 2024, ils étaient 5 705 (6,1 %). Malgré cette baisse, les acteurs du milieu scolaire restent prudents, car la situation reste préoccupante. Le terme postes à pourvoir désigne les emplois non pourvus par des enseignants qualifiés au moment de la rentrée. Le Tableau de bord de l’éducation est un outil du ministère de l’Éducation qui publie régulièrement ces données pour évaluer l’état du réseau scolaire.

Acteurs et réactions

Richard Bergevin, président de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), souligne que la baisse du nombre de postes vacants est encourageante, mais insuffisante. Il met en garde contre la normalisation de cette situation et insiste sur le besoin de soutenir les enseignants moins expérimentés. Francis Côté, président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE), partage cette prudence, tout en se réjouissant d’un retour à une santé financière plus stable du réseau scolaire. Jimmy Meunier, président de la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ), adopte une vision plus optimiste, soulignant que la prévisibilité des affectations s’est améliorée depuis 2024. Depuis cette date, les enseignants connaissent leurs affectations deux à trois semaines plus tôt qu’auparavant, ce qui facilite l’organisation des écoles.

Changements méthodologiques

Le ministère de l’Éducation a ajusté sa méthode de calcul des postes en avril 2026. Certains postes, comme ceux abolis ou les doublons, ont été retirés du décompte total. Cela explique pourquoi le nombre total de postes d’enseignants est passé de près de 93 000 en 2025 à environ 87 000 en 2026, sans que cela ne reflète une réelle baisse. Sans ce changement, la proportion de postes vacants aurait été de 3,3 % au lieu de 3,6 %. La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) reste sceptique : bien que la nouvelle méthode soit plus précise, elle rend impossible la comparaison avec les années précédentes. Annie-Christine Tardif, vice-présidente de la FAE, rappelle que plus de 3 000 enseignants restent à recruter, ce qui pose un défi majeur à quelques jours de la rentrée.

Disparités régionales

La pénurie d’enseignants varie fortement selon les régions du Québec. Certains centres de services scolaires (CSS), qui gèrent les écoles d’une zone géographique, affichent des taux de postes vacants bien supérieurs à la moyenne québécoise de 3,6 %. Par exemple, les CSS de Montréal (7,1 %), de Laval (6 %), des Laurentides (8,4 %) et des Premières-Seigneuries (5,5 %) sont particulièrement touchés. À l’inverse, d’autres CSS comme ceux de la Capitale (0,3 %) et des Découvreurs (0,1 %) à Québec, ou des Affluents (1,3 %) en Lanaudière, manquent beaucoup moins d’enseignants. Ces écarts reflètent des réalités locales, comme la densité de population ou les conditions de travail offertes aux enseignants.

Enjeux persistants

Au-delà des postes vacants, les acteurs du milieu scolaire soulignent d’autres défis. Richard Bergevin évoque la désertion des enseignants, un phénomène où des professeurs quittent la profession, aggravant la pénurie. Il mentionne aussi le manque de personnel professionnel et de soutien, comme les orthopédagogues ou les travailleurs sociaux, dont le rôle est crucial pour aider les élèves en difficulté. Leur absence alourdit la charge de travail des enseignants, déjà sous pression. Enfin, la question de la qualification des enseignants recrutés en urgence reste en suspens. Les données sur le nombre d’enseignants non légalement qualifiés, c’est-à-dire sans la formation officielle requise, seront publiées à l’automne 2026.

Ce que ça pourrait changer

La ministre de l’Éducation, Sonia LeBel, n’a pas commenté publiquement les données sur les postes vacants. Son cabinet a simplement indiqué que cette situation relevait d’un *processus administratif habituel*, laissant le système suivre son cours. Cette absence de réaction officielle contraste avec les préoccupations exprimées par les syndicats et les fédérations de parents. Le ministère n’a pas non plus précisé si des mesures supplémentaires seraient mises en place pour combler les postes manquants ou améliorer les conditions de travail des enseignants avant la rentrée.

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