Avenue Jean Moulin : Annecy et Cran-Gevrier
Nadia, 54 ans, est assistante sociale. Eugenio, 20 ans, veut devenir pilote ou sculpteur sur marbre.
L’article présente trois habitants d’Annecy et Cran-Gevrier, rencontrés place Jean Moulin, un lieu central de la ville. Nadia, 54 ans, est assistante sociale dans un centre d’insertion. Séparée, elle élève seule ses deux filles de 18 et 23 ans avec un salaire modeste, en évitant les privations pour elles malgré un découvert bancaire récurrent. Eugenio, 20 ans, étudie l’aviation tout en envisageant une carrière de sculpteur sur marbre. Il partira dans six mois en Italie pour une formation à Carrare. André, presque 80 ans, est retraité et ancien professeur d’histoire. Il vit avec son épouse, atteinte de maladies chroniques, et dépend des aides sociales et de la Sécurité sociale pour subvenir à leurs besoins. Ces trois profils illustrent la diversité des situations sociales et économiques dans cette région.
Nadia, assistante sociale, incarne les défis des familles modestes en France. Malgré un revenu faible, elle sacrifie ses propres besoins pour offrir à ses filles des activités, des vacances au ski ou à l’étranger, en privilégiant des destinations à faible coût. Elle évoque les stratégies qu’elle doit mettre en place pour joindre les deux bouts, comme un découvert bancaire qu’elle traîne depuis des années. Nadia exprime une frustration profonde face aux médias et aux politiques, qu’elle juge déconnectés des préoccupations réelles des Français, notamment des salariés et des familles. Elle dénonce l’absence de représentation des personnes en difficulté, comme celles qu’elle aide quotidiennement depuis quatorze ans. Pour l’élection présidentielle, elle se sent contrainte de choisir entre deux options qu’elle juge également insatisfaisantes, résumant son désenchantement par l’expression entre la peste et le choléra.
Eugenio, 20 ans, incarne les aspirations et les doutes de la jeunesse française. Issu d’une famille où les études sont valorisées, il hésite entre une carrière de pilote et de sculpteur sur marbre. Son projet de formation en Italie reflète une génération plus mobile et accessible aux études, contrairement à il y a un siècle. Eugenio s’intéresse à la politique, qu’il considère comme déterminante pour l’avenir, mais il est profondément sceptique envers les partis traditionnels. Il critique les salaires élevés des politiques, les affaires judiciaires et l’absence de programmes concrets. Il n’a jamais voté, faute de confiance, et admire des figures comme Dominique de Villepin pour son courage historique. Eugenio craint que l’extrême droite ne progresse et envisage de quitter la France si le Rassemblement national arrivait au pouvoir. Il plaide pour une politique axée sur la culture et la jeunesse.
André, 80 ans, ancien professeur d’histoire, vit avec son épouse, malade depuis des décennies, et dépend des aides sociales et de la Sécurité sociale pour survivre. Il craint que cette protection ne soit remise en cause par des réformes économiques, ce qui mettrait en danger sa situation déjà précaire. André est également très préoccupé par le réchauffement climatique, qu’il lie à des problèmes économiques et sociaux concrets, comme l’assèchement des rivières, la disparition des pâturages ou la baisse des rendements agricoles. Ancien électeur de gauche, il a décidé de ne plus voter après les municipales de 2026, déçu par les partis traditionnels. Il considère l’immigration comme une chance pour la France mais craint la montée de l’extrême droite, qu’il juge inévitable. André ne croit plus au pouvoir du bulletin électoral pour changer les choses.
L’article se déroule dans un contexte de défiance généralisée envers les institutions politiques en France. Les trois protagonistes expriment un sentiment d’invisibilité ou de mépris de la part des décideurs, qu’ils soient médias ou gouvernants. Nadia et André critiquent ouvertement les partis traditionnels, tandis qu’Eugenio se tourne vers des figures historiques pour incarner un idéal politique. Le Rassemblement national est perçu comme une menace par Eugenio et André, qui redoutent son accession au pouvoir. Les enjeux économiques, comme le coût de la vie ou l’accès à l’emploi, sont également centraux dans leurs discours. Enfin, le réchauffement climatique et la protection sociale, notamment la Sécurité sociale, sont des sujets de préoccupation majeurs pour André et Nadia.

