Les annonces assourdissantes des transports publics
Dans sa chronique, Frédéric Martel revient sur les annonces diffusées dans les transports publics..
Les transports publics en France, comme la RATP (métro, bus) ou la SNCF (TGV, TER), utilisent de plus en plus d'annonces automatisées pour informer les voyageurs. Ces messages, diffusés en français et parfois dans d'autres langues, concernent les retards, les fermetures de stations, les incidents ou des promotions commerciales. Par exemple, lors de la visite du pape à Paris en septembre 2026, la RATP a adapté ses annonces sans mentionner explicitement la raison des fermetures de stations, par respect de la laïcité. Ces communications visent à améliorer l'expérience des usagers, mais leur multiplication pose question.
Le principal reproche adressé aux annonces automatisées dans les transports est leur caractère envahissant et stressant. À la SNCF, les annonces peuvent être inutiles, comme celles du barista proposant des croque-monsieur le dimanche soir, réveillant les voyageurs endormis. Dans les TER, les annonces automatisées sont si fréquentes que même avec des écouteurs au maximum, elles restent audibles. Sur la ligne 1 du métro parisien, empruntée par 750 000 voyageurs chaque soir, une annonce répétée toutes les trois stations a été jugée excessive. Ces pratiques créent une cacophonie, augmentent le stress et nuisent au confort des passagers.
L'auteur cite des cas précis où les annonces deviennent insupportables. Dans les TGV Lyria, jusqu'à 34 messages automatisés ont été comptabilisés pour un seul trajet vers la Suisse, en trois langues (français, allemand, anglais), sans compter les annonces commerciales et celles du conducteur. À la RATP, les voix automatisées sont perçues comme désagréables et stressantes, même avec des écouteurs. Ces excès transforment une communication utile en nuisance sonore, dégradant l'expérience globale des transports publics.
La multiplication des annonces a des effets négatifs sur les voyageurs. Elle rend les messages inefficaces, car les usagers finissent par ne plus les écouter, comme dans la fable L'Enfant qui criait au loup. Les annonces stressantes perturbent le repos, la sieste ou la tranquillité, surtout dans les trains de nuit. Elles nuisent également à l'ambiance générale des transports, transformant un trajet en expérience oppressante et anxiogène. L'auteur souligne que cette surcharge sonore est contre-productive : au lieu de rassurer, elle irrite et énerve les passagers.
Pour remédier à cette situation, l'auteur propose plusieurs pistes. Il suggère de réduire drastiquement le nombre d'annonces automatisées, en les limitant aux informations indispensables (retards, incidents, fermetures). Il recommande également de supprimer les annonces commerciales répétitives, comme celles du barista, et de les remplacer par une seule annonce par voyage. Enfin, il plaide pour une régulation des pratiques de communication, afin de retrouver un équilibre entre information utile et respect du confort des voyageurs. L'objectif est de revenir à une communication modérée, ciblée et efficace.
Les acteurs principaux mentionnés sont la RATP (Régie Autonome des Transports Parisiens) et la SNCF (Société Nationale des Chemins de fer Français), qui gèrent respectivement le métro parisien et les trains en France. L'auteur cite également Simone Hérault, surnommée « la voix de la SNCF » depuis 1981, et Laurent Combémorel, directeur de la ligne 1 du métro parisien. Le contexte est celui des transports publics en France, où la modernisation des communications a conduit à une surabondance d'annonces, souvent perçues comme intrusives. L'article est publié dans le podcast *Régulations numériques* sur France Culture, le 27 septembre 2026.

