Arrêtons les injonctions au “bien vieillir” et soyons toujours plus punk
Les vieux, plus que quiconque, ont gagné le droit de dire à la société d’“aller se faire foutre”, estime Christiane Rösinger. Dans son livre, qui a attiré l’attention de l’hebdomadaire allemand “Der Spiegel”, cette figure de la scène alternative allemande nous invite à repenser notre rapport à la vieillesse..
L’article critique les représentations traditionnelles du vieillissement, souvent associées à des expressions comme best ager (terme marketing désignant les seniors actifs et consommateurs) ou silver society (société vieillissante valorisée pour son pouvoir d’achat). Ces concepts, popularisés dans les médias et la publicité, suggèrent que la vieillesse doit être vécue de manière optimisée, avec des produits spécifiques, des activités physiques ou des podcasts dédiés à la longévité. L’auteure remet en cause cette vision en proposant une alternative : vieillir sans se plier à ces injonctions sociales. Elle illustre cette idée par une image provocante, celle de seniors dansant dans une maison intergénérationnelle, transformant des espaces ordinaires en lieux de liberté et de subversion. Le contexte suisse (mention de 24 Heures, Lausanne) montre que cette réflexion dépasse le cadre français, bien que le débat soit universel.
Christiane Rösinger, musicienne et auteure allemande, explore dans son livre The Joy of Ageing (La Joie de vieillir, non traduit) une vision crue du vieillissement. Elle utilise l’expression No Future (slogan punk des années 1970 signifiant Pas d’avenir), non comme un cri de révolte, mais comme une constatation réaliste : à un certain âge, l’idée d’un avenir radieux ou d’une retraite épanouie s’efface souvent. Rösinger, surnommée la sainte patronne des non-en-couple, analyse cette période comme une opportunité de se libérer des attentes sociales, y compris celles liées à la vieillesse. Le livre, décrit comme intelligent et subversif, s’adresse à ceux qui refusent les discours consensuels sur le bien vieillir, préférant une approche authentique et décomplexée. Aucun chiffre ou donnée chiffrée n’est fourni dans l’article pour étayer cette analyse.
L’article oppose deux visions du vieillissement : d’un côté, les normes sociales et commerciales qui imposent des modèles de vieillesse (sport, alimentation, produits anti-âge), de l’autre, une culture alternative qui embrasse la liberté et l’imperfection. L’exemple des seniors dansant avec des épingles à nourrice et des chaussures orthopédiques symbolise cette rébellion contre les attentes. Le terme punk renvoie ici à une attitude de résistance, inspirée du mouvement punk des années 1970, qui rejette les conventions et célèbre l’individualité. L’auteure suggère que cette approche pourrait être plus épanouissante que les discours marketing sur la longévité ou les assiettes pour vieux, qui réduisent les seniors à des consommateurs ciblés. Le contexte culturel suisse (mention de Lausanne) montre que ce débat s’inscrit dans une société où les seniors sont aussi une cible économique.
L’article dénonce les discours officiels ou médiatiques qui encadrent le vieillissement, comme les podcasts sur la longévité ou les expressions consolatrices (best ager, silver society). Ces termes, souvent utilisés dans un cadre économique ou démographique, transforment les seniors en une catégorie à part, avec des besoins spécifiques. L’auteure, via Rösinger, critique cette approche qui nie la diversité des expériences du vieillissement. Elle propose au contraire une vision où la vieillesse n’est pas une période à gérer (avec des produits, des exercices ou des conseils), mais une phase de vie à vivre pleinement, avec ses joies et ses contradictions. Le ton de l’article reste descriptif, sans jugement de valeur, mais souligne l’absurdité de certaines normes sociales.
L’article suggère que les seniors pourraient développer leur propre culture, distincte des attentes sociales ou commerciales. Cette idée s’appuie sur l’exemple d’une maison intergénérationnelle où des personnes âgées transforment un espace ordinaire en lieu de fête et de liberté, avec des symboles anarchistes et des vêtements détournés. L’auteure ne précise pas si cette culture existe déjà ou si elle est à inventer, mais elle en souligne le potentiel subversif. Le terme *culture* est ici utilisé au sens large : il inclut les arts, les modes de vie, les expressions individuelles et collectives. L’article ne cite aucun exemple concret de cette culture émergente, mais en fait un idéal à atteindre pour échapper aux injonctions du *bien vieillir*.

