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Géopolitique

La reprise des combats au Tigré menace d’embraser la région

Le Grand Continent · mis à jour il y a 1 h

Le TPLF aurait pris le contrôle de plusieurs aéroports du Tigré L’article La reprise des combats au Tigré menace d’embraser la région est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Nouvelle alliance armée

Dimanche 20 septembre 2026, sept groupes armés éthiopiens, dont le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), la milice Fano (Amhara) et l’Armée de libération oromo (OLA), ont annoncé la création d’une alliance appelée « Alliance pour la survie ». Leur objectif commun est de renverser le gouvernement fédéral éthiopien dirigé par le Premier ministre Abiy Ahmed. Cette coalition rassemble des forces issues de différentes régions du pays, ce qui souligne la complexité des tensions internes en Éthiopie. Le TPLF, ancien parti dominant dans la région du Tigré, est un acteur central de ce conflit. Les milices comme Fano (Amhara) et OLA (Oromo) représentent des groupes ethniques majeurs du pays, souvent en opposition avec le pouvoir central. Cette alliance marque une escalade significative, car elle unifie des forces qui, jusqu’ici, agissaient souvent de manière isolée.

Reprise des combats

Dans la nuit du 22 au 23 septembre 2026, les forces du TPLF ont lancé une « offensive totale » contre les positions gouvernementales dans les régions d’Afar et d’Amhara, ainsi que la prise de contrôle d’aéroports au Tigré. Le gouvernement éthiopien qualifie cette action de « grande envergure » et affirme qu’elle viole l’Accord de Pretoria, signé en novembre 2022 sous l’égide de l’Union africaine pour mettre fin à la guerre du Tigré. Cet accord avait permis une trêve, mais sans résoudre les tensions sous-jacentes. Les autorités du Tigré, quant à elles, présentent cette offensive comme une action « défensive », suggérant qu’elles se sentent menacées par le gouvernement fédéral. La guerre du Tigré avait débuté en novembre 2020, déclenchée par une attaque des bases de l’armée fédérale par le TPLF, alors au pouvoir dans la région.

Contexte historique

La guerre du Tigré (2020-2022) a opposé le gouvernement fédéral éthiopien, dirigé par Abiy Ahmed, au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui dominait la région du Tigré depuis des décennies. Le conflit a éclaté après la dissolution par Abiy Ahmed du Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens (FDRPE), une coalition au pouvoir depuis 1991 et dominée par le TPLF. Abiy a remplacé cette coalition par un parti unique sans base ethnique, le Parti de la prospérité, ce qui a exacerbé les tensions avec les régions ethniques comme le Tigré. L’Accord de Pretoria de 2022 a mis fin aux combats principaux, mais il n’a pas permis une réconciliation durable. Human Rights Watch a souligné que cet accord ne mentionnait pas explicitement le nettoyage ethnique subi par les Tigréens dans l’ouest du Tigré, où des milices amhara et des forces régionales étaient impliquées.

Incidents récents

Le 20 septembre 2026, un drone a frappé un convoi de l’ONG américaine Catholic Relief Services, transportant de l’aide alimentaire destinée à des déplacés. L’attaque a détruit un camion, mais ni le gouvernement éthiopien ni un autre acteur n’a revendiqué la responsabilité de cette frappe. Les États-Unis ont condamné l’incident, sans désigner de coupable. Cet événement illustre l’escalade de la violence et l’impact humanitaire du conflit. Par ailleurs, le gouvernement d’Addis-Abeba accuse le TPLF de se rapprocher de groupes armés actifs dans d’autres régions, ainsi que de l’Érythrée, un pays voisin. Asmara dément ces accusations. Ces tensions régionales pourraient aggraver la situation, notamment en raison des liens historiques entre le TPLF et l’Érythrée, ennemis jurés depuis des décennies.

Ce que ça pourrait changer

La reprise des combats au Tigré menace de provoquer un *embrasement régional*, impliquant des pays voisins comme le *Soudan* (en guerre civile depuis 2023) et l’*Érythrée*. La région reste profondément marquée par la guerre de 2020-2022, qui a fait au moins *600 000 morts* parmi les civils, selon l’*Union africaine*. Aujourd’hui, *un million de personnes* sont toujours déplacées, vivant dans des conditions précaires. L’*Union africaine* et la communauté internationale craignent que ce nouveau conflit ne s’étende, aggravant une crise humanitaire déjà dramatique. Les groupes armés unis dans l’*Alliance pour la survie* pourraient, s’ils gagnent en puissance, déstabiliser davantage la Corne de l’Afrique, une zone déjà fragilisée par des décennies de conflits et d’instabilité politique.

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