En Russie, la rumeur d’une nouvelle mobilisation ne cesse d’enfler
Alimentées par l’essoufflement du recrutement et les ajustements bureaucratiques, les rumeurs d’une nouvelle mobilisation après les élections à la Douma s’intensifient en Russie. Les juristes interrogés par les titres indépendants russes ne décèlent, à ce stade, aucun signe d’un scénario similaire à celui de 2022..
En Russie, le nombre de volontaires s’engageant dans l’armée diminue fortement depuis fin 2025. Selon le média d’investigation Vajnye Istorii, les signatures de contrats militaires ont chuté de 50 % au dernier trimestre 2025 par rapport à la même période en 2024. Cette tendance se poursuit en 2026, avec seulement 800 à 1 000 engagements quotidiens, soit une baisse de 20 % en un an. À Moscou, cette diminution atteint même un tiers au printemps 2026. Pour attirer des recrues, l’État russe augmente les primes à la signature, des sommes versées aux nouveaux soldats pour les inciter à s’engager. Cependant, malgré ces efforts financiers, les volontaires se font de plus en plus rares, et ceux qui restent motivés le sont encore davantage, selon une source citée par le média indépendant Verstka.
Malgré la baisse des volontaires, les objectifs de recrutement fixés par l’armée russe n’ont pas été réduits. Une source au sein de la mairie de Moscou explique que « tout va constamment mal chez nous », soulignant la difficulté à trouver des candidats. Dans une unité militaire de Sibérie, un soldat confirme que les chiffres de recrutement ont atteint « leur niveau le plus bas ». Pourtant, le ministère de la Défense maintient ses exigences : de nouvelles recrues doivent être envoyées chaque mois. Cette situation crée une pression croissante sur les forces armées, qui peinent à combler leurs effectifs. Les rumeurs d’une nouvelle mobilisation se renforcent, notamment en raison de l’impossibilité de recruter suffisamment de volontaires.
La mobilisation partielle du 21 septembre 2022 en Russie avait pour but d’envoyer environ 300 000 réservistes au front. Cette opération s’était déroulée dans la confusion, avec des annonces tardives et des critères d’exclusion flous, ce qui avait provoqué des tensions au sein de la population. Aujourd’hui, les rumeurs d’une nouvelle mobilisation se multiplient, notamment après les élections législatives prévues en septembre 2026. Cette hypothèse est alimentée par le manque de volontaires et l’incapacité de l’armée à atteindre ses objectifs de recrutement. Une mobilisation forcée pourrait être envisagée pour pallier cette pénurie, mais elle risquerait de provoquer un mécontentement accru parmi les Russes.
Plusieurs acteurs clés sont impliqués dans cette situation. Le *ministère de la Défense russe* est responsable de la fixation des objectifs de recrutement et de la gestion des effectifs militaires. Les médias indépendants comme *Vajnye Istorii* et *Verstka* jouent un rôle de contre-pouvoir en révélant des données officielles et en interrogeant des sources internes, comme des militaires ou des responsables municipaux. La population russe, quant à elle, semble de moins en moins encline à s’engager volontairement, en raison des risques liés à la guerre et du manque de motivation. Enfin, le gouvernement doit faire face à un dilemme : maintenir ses objectifs militaires tout en évitant une crise sociale majeure.

