Affaire Rezayi : l’identité des policiers impliqués sera divulguée à la famille
La Cour supérieure a entériné jeudi matin une entente conclue entre les parties à ce sujet..
Le 21 septembre 2025, Nooran Rezayi, un adolescent de 15 ans, a été abattu par un policier dans un parc de l'arrondissement St-Hubert, situé à Longueuil, au Québec. Cet événement a donné lieu à une enquête menée par le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI), une organisation québécoise chargée d'enquêter sur les incidents impliquant des agents de la paix, comme les policiers. La famille de la victime, ainsi que les jeunes présents lors du drame, ont engagé des poursuites civiles contre le Service de police de l'agglomération de Longueuil et les policiers impliqués, réclamant plus de 4 millions de dollars en dommages. Ces poursuites visent à obtenir des réponses et une reconnaissance des responsabilités dans cette affaire.
Le 16 octobre 2025, la Cour supérieure du Québec a approuvé un accord entre les parties, permettant à la famille de Nooran Rezayi et aux jeunes témoins d'accéder à l'identité des policiers impliqués dans l'incident, y compris celle du tireur. Cependant, cette information restera confidentielle et ne sera pas rendue publique. Cette décision fait suite à une demande des avocats de la famille et des jeunes, qui souhaitaient obtenir des éclaircissements sur les circonstances du drame. Le procureur général du Québec et la Ville de Longueuil s'opposaient initialement à cette divulgation, invoquant des risques pour la sécurité physique des policiers, déjà menacés sur les réseaux sociaux après les événements.
Après la mort de Nooran Rezayi, des menaces ont été proférées à l'encontre des policiers impliqués, notamment sur les réseaux sociaux. Trois jours après les faits, un contrat pour assassiner un policier a même été publié sur Instagram. L'auteur de cette publication a été condamné par la suite. Ces éléments ont poussé les autorités à privilégier la confidentialité des identités des agents pour éviter d'aggraver les tensions. Malgré cette opacité, l'avocate de la famille, Yalda Machouf Khadir, a souligné que cette divulgation partielle permettrait d'apaiser certaines inquiétudes et de répondre à des questions légitimes sur le déroulement des événements.
L'enquête du *BEI* sur la mort de Nooran Rezayi est désormais terminée, mais le *Directeur des poursuites criminelles et pénales* (**DPCP**) n'a pas encore décidé s'il y aura des accusations criminelles contre un ou plusieurs policiers. Le *DPCP* est l'organisme québécois responsable de décider si des charges criminelles doivent être portées dans une affaire. En parallèle, les poursuites civiles engagées par la famille et les jeunes se poursuivent, avec pour objectif d'obtenir réparation pour le préjudice subi. Ces démarches visent à faire la lumière sur les responsabilités, sans pour autant garantir une issue pénale immédiate.

