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Europe can’t achieve space sovereignty alone. Here’s why

The Conversation France · mis à jour il y a 6 j

“Europe’s space effort is split across too many national programmes” was the blunt diagnosis Andrius Kubilius, the EU Commissioner for Defence and Space made at the recent International Space Summit in Paris . Sovereignty was the word on everyone’s lips over the two-day event.

Europe et souveraineté spatiale

L’Europe cherche à renforcer sa souveraineté spatiale, c’est-à-dire sa capacité à agir de manière autonome dans l’espace, sans dépendre d’autres puissances comme les États-Unis ou la Chine. Lors du International Space Summit à Paris en septembre 2026, le commissaire européen Andrius Kubilius a souligné que les efforts spatiaux européens sont fragmentés entre trop de programmes nationaux, ce qui limite leur efficacité. La souveraineté ne signifie pas l’isolement, mais plutôt la maîtrise des infrastructures et des technologies clés, tout en collaborant avec des partenaires. Par exemple, l’Europe a signé près de 50 nouveaux accords avec des pays comme le Japon, l’Inde ou le Canada, pour un montant total estimé à 20 milliards d’euros. Ces partenariats visent à sécuriser l’accès à l’espace en diversifiant les alliés et les ressources.

Trois niveaux d’autonomie

L’autonomie spatiale européenne se construit à trois échelles distinctes. Au niveau institutionnel, l’enjeu est de regrouper les efforts pour éviter la fragmentation. L’Europe possède déjà les technologies nécessaires (comme les lanceurs Ariane 6 ou les satellites Galileo), mais elle manque de capacité industrielle pour les produire à grande échelle. Par exemple, le rythme de lancement actuel est insuffisant pour répondre aux besoins. Les intervenants ont insisté sur la nécessité de mieux coordonner les acteurs publics et privés, afin que les missions futures répondent aux besoins spécifiques des institutions, et non l’inverse. Au niveau industriel, l’autonomie passe par des partenariats stratégiques, même avec des concurrents. Ainsi, Amazon a choisi Ariane 6 pour lancer une partie de sa constellation Kuiper, montrant que l’indépendance peut coexister avec des collaborations commerciales. Enfin, au niveau individuel, la souveraineté se construit par la formation et la confiance entre les acteurs. Les astronautes européens, comme Thomas Pesquet, soulignent l’importance des relations humaines forgées dans l’espace, qui transcendent les tensions géopolitiques.

Dépendance et chaîne de valeur

La souveraineté spatiale ne se limite pas aux lanceurs. Elle dépend d’une chaîne de valeur complète, allant des composants électroniques aux infrastructures au sol, en passant par le traitement des données et la capacité à ramener des charges utiles depuis l’orbite. Par exemple, l’Europe dépend encore de fournisseurs étrangers pour certains éléments critiques, comme les semi-conducteurs ou les systèmes de retour d’orbite. Une faille dans un seul maillon de cette chaîne peut compromettre l’autonomie globale. C’est pourquoi les discussions portent autant sur la production locale que sur la réduction des dépendances externes. L’objectif est de rendre l’Europe résiliente face aux ruptures d’approvisionnement ou aux pressions politiques.

Coopération malgré les tensions

Malgré les tensions géopolitiques, comme l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la coopération spatiale entre l’Europe et la Russie se poursuit sur la Station Spatiale Internationale (ISS). Les astronautes ont décrit une collaboration opérationnelle qui persiste malgré les divergences politiques. Cette résilience montre que la souveraineté peut coexister avec des alliances stratégiques. Par ailleurs, des pays comme les Émirats Arabes Unis (UAE) illustrent une autre approche : pour eux, la souveraineté spatiale passe par le transfert de connaissances plutôt que par l’autosuffisance totale. Leur participation aux missions européennes, comme celle de l’astronaute Sultan Al Neyadi, montre comment des nations sans tradition spatiale peuvent bâtir des capacités via des partenariats.

Ce que ça pourrait changer

Le projet **IRIS²**, une constellation de satellites européens pour la connectivité sécurisée, sera un test clé pour l’autonomie de l’Europe. Ce programme, estimé à plusieurs milliards d’euros, vise à réduire la dépendance aux infrastructures américaines ou chinoises. Josef Aschbacher, directeur général de l’ESA (*Agence Spatiale Européenne*), a posé un choix clair : l’Europe peut soit être un simple *passager* de l’espace, en achetant des services à l’étranger, soit devenir un *pilote*, en contrôlant ses propres infrastructures. Selon l’ESA, sécuriser l’accès à l’orbite basse coûterait environ 1 milliard d’euros par an pendant dix ans, contre 5 milliards pour continuer à dépendre de fournisseurs étrangers. IRIS² et les futures missions habitées, comme PAM-6 avec des astronautes tchèques et grecs, sont des étapes pour concrétiser cette ambition.

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