Deux militaires américains tués par des frappes de l’Iran
L'escalade continue au Moyen-Orient, avec des échanges de frappes et des incidents maritimes..
Deux militaires américains ont été tués et un troisième est porté disparu lors d'attaques de missiles et de drones iraniens survenues vendredi en Jordanie, selon le commandement américain pour le Moyen-Orient (CENTCOM). Il s'agit des premiers décès américains depuis la reprise des hostilités le 7 juillet. Ces frappes s'inscrivent dans une escalade des tensions entre l'Iran et les États-Unis, marquée par des échanges de représailles depuis le 27 juin. Le guide suprême iranien, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, a réagi en menaçant les États-Unis de leur infliger des leçons inoubliables, qualifiant leur signature d'un protocole d'accord en juin de sans valeur. Ce protocole, signé le 17 juin, visait à faire taire les armes entre les deux pays, mais a été violé à plusieurs reprises, selon Téhéran.
Les frappes iraniennes ont visé à la fois des infrastructures civiles et militaires dans plusieurs pays du Golfe. Au Koweït, deux jours consécutifs de bombardements ont endommagé un site pétrolier vital et paralysé une centrale électrique et une usine de dessalement d'eau, mettant en danger l'approvisionnement en électricité et en eau potable. Les autorités koweïtiennes ont dénoncé ces attaques comme des crimes de guerre, soulignant le risque pour les civils, notamment avec des températures atteignant 47 °C. En Iran, les autorités locales ont rapporté la destruction totale d'une station de pompage d'eau de mer et d'un transformateur électrique, attribués à des frappes américaines. Ces dernières ont également ciblé des sites de surveillance, des dépôts d'armes souterrains et des moyens maritimes, selon l'armée américaine.
La région du Golfe, et notamment le détroit d'Ormuz, est au cœur de l'escalade. Ce détroit, par lequel transite près d'un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures, est stratégique pour l'économie mondiale. L'Iran a menacé de bloquer son accès jusqu'à ce que les tensions avec les États-Unis s'apaisent, perturbant ainsi le trafic maritime. Les Gardiens de la révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont annoncé avoir intercepté quatre navires tentant de franchir le détroit sans autorisation, affirmant avoir stoppé deux pétroliers sur des mines (une affirmation démentie par les États-Unis). Par ailleurs, des incidents maritimes se multiplient, et des explosions ont été signalées à Bahreïn, où l'armée a intercepté une nouvelle vague d'attaques iraniennes visant une base américaine.
Depuis le 27 juin, les frappes américaines en Iran ont fait 50 morts et plus de 500 blessés, selon le ministère iranien de la Santé. Les tensions ont atteint un niveau sans précédent depuis le cessez-le-feu conclu en avril pour mettre fin à la guerre déclenchée par l'offensive israélo-américaine sur l'Iran fin février. Le Conseil de coopération du Golfe, qui regroupe les pétromonarchies de la région, a condamné les attaques contre des infrastructures civiles, les qualifiant de crimes de guerre. La compagnie aérienne nationale koweïtienne a dû reporter la plupart de ses vols en raison de l'insécurité. Les États-Unis ont réimposé leur blocus des ports iraniens, une mesure levée après la signature du protocole d'accord de juin.
Le protocole d'accord signé le 17 juin entre les États-Unis et l'Iran avait pour objectif de stabiliser la région en mettant fin aux hostilités. Cependant, sa violation répétée par les deux camps a conduit à une nouvelle flambée de violences depuis le 7 juillet. L'Iran accuse les États-Unis de ne pas respecter leurs engagements, notamment en bombardant des infrastructures civiles comme des ponts et des réseaux de télécommunication, qualifiées de crimes de guerre par Téhéran. Les États-Unis, de leur côté, justifient leurs frappes par la nécessité de protéger leurs intérêts et ceux de leurs alliés dans la région. Cette escalade survient dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient, avec des répercussions économiques et sécuritaires majeures.

