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Le président de l’Ukraine en Serbie, pays allié de la Russie

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 26 j

C'est la première visite de Volodymyr Zelensky dans ce pays depuis l'invasion russe de l'Ukraine..

Première visite en Serbie

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a effectué sa première visite officielle en Serbie depuis son arrivée au pouvoir en 2019, arrivant le 7 août 2026. Cette visite s’inscrit dans une série de déplacements internationaux visant à renforcer le soutien à l’Ukraine, envahie par la Russie en 2022. La Serbie est traditionnellement perçue comme un allié de Moscou, ce qui rend cette visite particulièrement symbolique. Zelensky a été accueilli par la ministre serbe de l’Énergie, Dubravka Djedovic Handanovic, et a dîné avec le président serbe Aleksandar Vucic le soir même de son arrivée. Cette visite marque un effort diplomatique pour établir un dialogue direct avec un pays proche de la Russie, malgré les tensions géopolitiques actuelles.

Objectifs de la rencontre

Lors de cette visite, Zelensky a annoncé des discussions avec Vucic et le Premier ministre serbe Djuro Macut sur plusieurs thèmes clés. Les échanges porteront sur le renforcement des relations économiques entre l’Ukraine et la Serbie, ainsi que sur des questions de sécurité. Zelensky a également évoqué la coopération avec l’Union européenne (UE) et d’autres domaines d’intérêt commun pour les deux pays. La Serbie, qui dépend fortement de la Russie pour son approvisionnement en énergie, a souligné sa position neutre et son refus de rejoindre les sanctions européennes contre Moscou. Cette position, maintenue depuis près de cinq ans, limite les marges de manœuvre pour une coopération approfondie avec l’Ukraine.

Dépendance énergétique serbe

La Serbie est très dépendante de la Russie pour son énergie, notamment en gaz naturel. Cette dépendance explique en partie pourquoi Belgrade n’a jamais adopté les sanctions européennes contre Moscou, malgré la guerre en Ukraine. Le président serbe Aleksandar Vucic a réaffirmé cette position en déclarant que la Serbie ne modifierait pas sa politique énergétique, même après des discussions avec Zelensky. Cette dépendance crée un équilibre fragile pour la Serbie, qui doit concilier ses relations avec la Russie et ses ambitions économiques avec l’UE et l’Ukraine.

Questions de sécurité sensibles

Les discussions sur la sécurité entre Zelensky et Vucic sont particulièrement délicates. En mai 2025, les services de renseignement russes (SVR) avaient accusé des entreprises serbes d’exporter des munitions vers l’Ukraine, via des pays tiers, en violation de la neutralité officielle de Belgrade. Vucic avait alors promis de bloquer ces contrats et assuré que la Serbie avait cessé toutes ses exportations d’armes. Cette affaire illustre les tensions sous-jacentes entre la Serbie et l’Ukraine, malgré les efforts de dialogue. Les deux présidents doivent aborder ce sujet lors de leur rencontre officielle au palais présidentiel de Belgrade.

Position équilibrée de la Serbie

La Serbie joue un rôle d’équilibriste entre la Russie et l’Occident. Bien qu’alliée traditionnelle de Moscou, elle a également entretenu des relations avec l’Ukraine, sans pour autant soutenir officiellement Kiev. Vucic s’est rendu à plusieurs reprises en Russie et en Chine en 2025, tout en visitant l’Ukraine à deux reprises pour des sommets régionaux. Il a promis une assistance à l’Ukraine, mais a évité de signer des déclarations de soutien formelles. Cette position reflète la complexité géopolitique de la Serbie, qui cherche à préserver ses intérêts économiques et diplomatiques dans un contexte de guerre en Europe.

Ce que ça pourrait changer

La visite de Zelensky en Serbie est perçue comme un message politique fort, notamment par Moscou. Un haut responsable ukrainien, cité sous anonymat, a qualifié ce déplacement de « gifle » pour la Russie, suggérant que Kiev cherche à éloigner Belgrade de l’influence russe. Cependant, les limites de cette stratégie sont claires : la Serbie reste économiquement et énergétiquement liée à la Russie, ce qui limite sa marge de manœuvre. Cette visite illustre les efforts ukrainiens pour élargir son soutien international, tout en soulignant les défis d’une diplomatie dans un contexte de guerre prolongée.

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