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La première ministre de l’Alberta vote pour que la province reste au sein du Canada

Le Devoir · mis à jour il y a 1 h

Le scrutin aura lieu officiellement lundi, mais le vote par anticipation a commencé cette semaine..

Référendum albertain

La première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, a officiellement voté pour que la province reste au sein du Canada lors d’un référendum organisé du 14 au 17 octobre 2026. Ce scrutin, qui se déroule sous forme de vote par anticipation depuis le 12 octobre, pose dix questions aux Albertains. La première concerne le maintien ou non de l’Alberta dans la Confédération canadienne, tandis que les neuf autres portent sur des réformes constitutionnelles et des demandes d’autonomie accrue pour la province. Danielle Smith, chef du Parti conservateur uni (PCU), a encouragé les électeurs à voter « oui » à toutes les questions, affirmant que cela enverrait un message clair à Ottawa pour obtenir plus de respect et de pouvoirs pour les provinces. Le vote par anticipation a connu un fort engouement, avec près de 175 000 électeurs dès le premier jour, soit une participation supérieure à la moyenne des élections provinciales de 2023.

Contexte politique

L’Alberta, province riche en ressources naturelles comme le pétrole, est souvent en désaccord avec le gouvernement fédéral sur des questions économiques et politiques. Danielle Smith a justifié son vote en faveur du Canada par des progrès récents, notamment dans la lutte contre des lois fédérales jugées injustes et dans la réalisation de projets comme un nouvel oléoduc vers la Colombie-Britannique. Cependant, une partie de la population albertaine exprime une frustration croissante envers Ottawa, perçu comme centralisateur et peu attentif aux besoins régionaux. Le référendum est donc aussi une manière pour le gouvernement provincial de négocier des réformes, comme un meilleur contrôle sur l’immigration ou une révision de la Constitution canadienne. Le chef de l’opposition, Naheed Nenshi (NPD), a appelé à rejeter les propositions du gouvernement et à voter pour rester dans le Canada.

Enjeux du scrutin

Parmi les neuf questions supplémentaires du référendum, certaines visent à obtenir davantage d’autonomie pour l’Alberta, notamment en matière d’immigration. Le gouvernement provincial souhaite imposer de nouvelles règles et des frais supplémentaires pour les nouveaux arrivants, ainsi que plus de contrôle sur les flux migratoires. D’autres questions portent sur des réformes constitutionnelles, avec l’objectif de transférer davantage de pouvoirs aux provinces. Danielle Smith a présenté ces demandes comme un moyen de renforcer l’unité du Canada, en insistant sur la nécessité de respecter les spécificités régionales. Les sondages indiquent qu’une large majorité d’Albertains souhaite rester au Canada, mais le débat reste vif, divisant même les familles et les communautés.

Participation record

Le référendum albertain suscite un intérêt exceptionnel, avec une participation record attendue. Elections Alberta, l’organisme en charge du scrutin, a enregistré une forte affluence dès l’ouverture du vote par anticipation, avec près de 175 000 électeurs le premier jour, dépassant la moyenne quotidienne de 152 000 personnes lors des élections provinciales de 2023. Certains bureaux de vote ont dû rester ouverts tard en raison de files d’attente ou de problèmes techniques, comme des coupures de courant causées par des vents violents dans deux bureaux ruraux. Près des deux tiers des 658 000 bulletins spéciaux demandés ont été renvoyés avant la date limite du 16 octobre 2026, confirmant l’engouement pour ce scrutin.

Clivages et tensions

Le référendum a exacerbé les tensions au sein de la société albertaine, notamment dans des localités comme Coutts, un petit village frontalier avec les États-Unis. Ce village, connu pour avoir été un foyer de protestations lors du Freedom Convoy en 2022 contre les mesures sanitaires liées à la COVID-19, est aujourd’hui divisé entre partisans du maintien dans le Canada et séparatistes. Des pancartes pro et anti-Canada s’affrontent dans les jardins, tandis que des drapeaux de la République de l’Alberta côtoient ceux du Montana ou du Canada. Jim Willett, ancien maire de Coutts et opposant au séparatisme, souligne que certains manifestants ont simplement changé de cause après la pandémie. D’autres, comme William Harty, gérant d’un motel local, voient ce référendum comme un moyen de faire pression sur Ottawa pour une meilleure répartition des ressources, tout en refusant l’indépendance.

Ce que ça pourrait changer

Plusieurs figures politiques et locales ont pris position dans ce référendum. Danielle Smith, première ministre albertaine et chef du Parti conservateur uni (PCU), a clairement affiché son soutien au maintien dans le Canada tout en défendant les réformes proposées. Naheed Nenshi, chef de l’opposition (NPD), a appelé à voter contre les propositions du gouvernement et à rejeter l’idée d’indépendance. À Coutts, l’ancien premier ministre Jason Kenney a lié l’émergence du séparatisme à la frustration post-pandémie. Les tensions sont aussi visibles au niveau local, où des élus comme Scott MacCumber, maire actuel de Coutts, ont refusé de s’exprimer sur le sujet. Les débats reflètent une fracture entre ceux qui veulent rester dans le Canada et ceux qui aspirent à plus d’autonomie, voire à l’indépendance.

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