Après 55 ans, les personnes qui mangent de la viande gagnent plus de muscles que les végétariens
Un essai clinique néerlandais montre que les végétariens de plus de 55 ans gagnent en muscle et en force avec la musculation, mais leurs gains restent inférieurs à ceux du groupe omnivore. The post Après 55 ans, les personnes qui mangent de la viande gagnent plus de muscles que les végétariens, à exercice égal appeared first on Science et vie..
En septembre 2026, des chercheurs de l’Amsterdam University of Applied Sciences ont mené une étude nommée IMPACT sur 108 adultes néerlandais âgés de 55 ans et plus. Pendant trois mois, ces participants ont suivi un programme combinant musculation et alimentation contrôlée. L’objectif était de comparer les effets d’un régime lacto-ovo-végétarien (incluant lait et œufs mais excluant viande et poisson) et d’un régime omnivore (incluant viande et poisson) sur la prise de masse musculaire et de force. Les deux groupes ont effectué trois séances de musculation par semaine, supervisées par des professionnels, avec six exercices ciblant les principaux groupes musculaires. Les résultats ont été publiés dans The American Journal of Clinical Nutrition, une revue scientifique reconnue.
Après les trois mois d’entraînement, les deux groupes ont montré des progrès comparables en termes de force musculaire. Par exemple, la presse à jambes a progressé de 34,7 kg en moyenne pour le groupe végétarien, contre 39,5 kg pour le groupe omnivore, une différence non significative sur le plan statistique. Le test de lever de chaise et la préhension manuelle ont également révélé des améliorations équivalentes entre les deux groupes. Cependant, la masse musculaire a évolué différemment : les omnivores ont gagné 0,66 kg en moyenne, soit 70 % de plus que les végétariens, qui ont gagné 0,38 kg. Cette différence s’explique par la qualité et la quantité des protéines consommées, ainsi que par leur composition en acides aminés essentiels.
Les participants végétariens consommaient en moyenne 1,22 g de protéines par kilogramme de poids corporel et par jour, tandis que les omnivores en consommaient 1,57 g. Les protéines végétales, bien que suffisantes pour maintenir la masse musculaire, sont moins efficaces que les protéines animales pour stimuler la croissance musculaire après 55 ans. En effet, les aliments carnés contiennent une densité plus élevée en acides aminés essentiels, des molécules que l’organisme ne peut pas produire seul et qui sont cruciales pour la synthèse des muscles. Chez les omnivores, un apport supplémentaire en protéines ne se traduit pas par une augmentation supplémentaire de la masse musculaire, suggérant un plafond d’efficacité atteint plus rapidement.
Pour les végétariens, il est possible d’améliorer la prise de masse musculaire en optimisant l’apport en protéines végétales. Les chercheurs recommandent de privilégier des sources comme le tofu, les légumineuses (lentilles, pois chiches) et les combinaisons de céréales (riz, blé) avec des légumineuses, afin d’obtenir un profil complet en acides aminés essentiels. Ces associations permettent de compenser les lacunes des protéines végétales individuelles. Pour les seniors, souvent confrontés à un appétit réduit, atteindre les apports recommandés (1,2 g/kg/jour) exige une attention particulière à la qualité et à la variété des aliments consommés. Les compléments nutritionnels peuvent également jouer un rôle, bien que l’étude ne précise pas leur impact spécifique.
L’étude présente plusieurs limites qui restreignent la généralisation des résultats. Les participants étaient majoritairement des adultes blancs, diplômés du supérieur et en bonne santé, ce qui ne reflète pas la diversité des populations. De plus, les séances de musculation étaient supervisées individuellement, un cadre rarement accessible en dehors d’un essai clinique. Enfin, aucun suivi n’a été réalisé après les trois mois, empêchant d’évaluer la durabilité des gains musculaires ou la persistance des habitudes alimentaires et sportives. Ces éléments soulignent la nécessité de recherches complémentaires pour confirmer ces résultats dans des contextes plus variés.

