Bataille d’Ormuz : la guerre entre les États-Unis et l’Iran a repris
Près d’un mois après la signature d’un protocole d’accord entre Téhéran et Washington, les deux pays s’affrontent toujours autour du trafic dans le détroit. L’article Bataille d’Ormuz : la guerre entre les États-Unis et l’Iran a repris est apparu en premier sur Le Grand Continent..
En juillet 2026, les États-Unis et l’Iran s’affrontent militairement autour du détroit d’Ormuz, un passage maritime stratégique reliant le golfe Persique au golfe d’Oman. Ce conflit fait suite à un protocole d’accord signé le 17 mai 2026 entre Washington et Téhéran, qui visait à apaiser les tensions. Cependant, malgré cet accord, les deux pays s’opposent sur l’interprétation de la liberté de navigation dans ce détroit. Pour les États-Unis, le protocole garantit une liberté de navigation sans restriction, tandis que l’Iran considère que ce texte lui permet de maintenir son contrôle et sa coordination sur le transit des navires. Le détroit d’Ormuz est un point de passage crucial pour le commerce mondial, notamment pour le transport de pétrole, car environ 20 % du pétrole mondial transite par cette voie maritime.
Depuis le début de la semaine du 7 juillet 2026, les tensions ont dégénéré en frappes militaires répétées. Les États-Unis ont mené cinq séries de frappes aériennes et navales contre l’Iran, ciblant des systèmes antiaériens, des sites de missiles, des infrastructures navales, des dépôts de munitions et des réseaux de communication. Samedi 12 juillet, environ 140 cibles iraniennes ont été touchées par des avions de chasse, des drones et des navires de guerre. En réponse, l’Iran a frappé un porte-conteneurs et déclaré le détroit d’Ormuz « fermé jusqu’à nouvel ordre ». Le président américain Donald Trump a réagi en menaçant de « décimer et détruire complètement » l’ensemble du territoire iranien, affirmant que 1 000 missiles étaient déjà pointés sur la République islamique. Ces échanges de menaces et d’actions militaires illustrent une escalade sans précédent depuis la signature du protocole d’accord.
Le conflit porte principalement sur le contrôle du détroit d’Ormuz, un corridor maritime long de 60 kilomètres où transite chaque jour une grande partie du commerce mondial, notamment le pétrole. Pour les États-Unis, la liberté de navigation signifie que les navires peuvent traverser le détroit sans entrave ni contrôle. Pour l’Iran, ce contrôle est essentiel pour assurer sa sécurité nationale et son influence régionale. Le 12 juillet 2026, l’administration Trump a exigé que l’Iran garantisse publiquement la sûreté du passage dans le détroit, sous peine de nouvelles frappes. Le Commandement central américain (CENTCOM) affirme que le trafic se poursuit normalement, avec 140 navires ayant emprunté le détroit dans les 7 derniers jours. Cependant, l’Iran nie cette affirmation et maintient que le détroit est sous son contrôle.
Le protocole d’accord signé le 17 mai 2026 entre les États-Unis et l’Iran est au cœur de la crise actuelle. Selon ce texte, l’Iran devait abandonner son programme nucléaire en échange de la levée partielle des sanctions économiques. Cependant, l’Iran n’a pas encore accès à ses fonds gelés, estimés à 24 milliards d’euros, ni aux revenus générés par une dérogation temporaire de 60 jours sur les ventes de pétrole, retirée la semaine dernière. Donald Trump a déclaré le 10 juillet 2026 depuis le sommet de l’OTAN que le protocole était « mort », accusant l’Iran de ne pas respecter ses engagements. Les négociations menées samedi 12 juillet à Oman ont échoué en moins d’une heure, selon les États-Unis, qui affirment que l’Iran a renié un accord « parfait » pour eux. Le négociateur iranien en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf, a rétorqué que « l’ère des accords à sens unique est terminée » et que l’Iran prendrait des mesures pour assurer la sécurité du passage des navires.
Les frappes militaires actuelles pourraient s’intensifier si l’une des parties attaque des installations américaines ou si les tensions s’aggravent. Les États-Unis ont déjà menacé de lancer des raids plus massifs en cas d’attaques contre leurs bases ou leurs intérêts. Cependant, une reprise des négociations dans les prochaines semaines est probable, avec un protocole d’accord amendé ou restauré après de nouvelles frappes mesurées. La situation dépendra également de l’ampleur des représailles iraniennes, qui ont déjà touché plusieurs pays de la région. Pour l’instant, malgré le protocole d’accord, l’Iran n’a pas bénéficié des fonds gelés ni des revenus pétroliers attendus, ce qui limite sa marge de manœuvre économique. Le détroit d’Ormuz reste donc un levier de pression majeur pour Téhéran dans ce conflit.

