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Culture

L' « Acte III » de la mobilisation des lycéens : manifestations en cours dans plusieurs villes

France Culture - Savoirs · mis à jour 6 oct.

Partout en France, des dizaines de milliers de lycéens sont attendus dans les cortèges pour une nouvelle journée de mobilisation sous haute surveillance. Un acte III qui a reçu le soutien de l'intersyndicale de l’Éducation nationale..

Mobilisation nationale

Des dizaines de milliers de lycéens participent aujourd'hui à une nouvelle journée de manifestations dans plusieurs villes de France, qualifiée d'Acte III du mouvement. Ce terme fait référence à une série de mobilisations successives, où chaque acte représente une étape symbolique. L'Acte III est souvent considéré comme un moment clé dans les mouvements sociaux, car il peut marquer un tournant dans l'évolution du conflit. Cette mobilisation est soutenue par l'intersyndicale de l’Éducation nationale, une coalition de syndicats représentant les enseignants et le personnel éducatif. Selon les dernières informations, 1 800 lycées sont actuellement bloqués, un record depuis le début du mouvement. Certains établissements, comme le lycée Voltaire à Paris, ont vu des élèves se rassembler malgré des arrêtés préfectoraux interdisant les rassemblements, c'est-à-dire des décisions administratives locales interdisant les regroupements publics pour des raisons de sécurité ou d'ordre public.

Violences et répression

La journée est marquée par des tensions et des incidents violents entre les forces de l'ordre et les manifestants. Plusieurs cas de blessures graves ont été recensés : un lycéen de 15 ans a perdu une main à Lens après l'explosion d'une grenade policière, un autre de 16 ans a été blessé à l'œil à Tours par une balle de LBD (Lanceur de Balles de Défense), et un élève de 14 ans a eu la mâchoire fracturée à Saint-Ouen-l'Aumône après un tir de lanceur de grenade lacrymogène. Ces armes, utilisées pour disperser les foules, peuvent causer des blessures graves. Par ailleurs, une enquête a été ouverte à Metz après l'interpellation d'une jeune fille pour une suspicion d'agression sexuelle par un policier. Au total, une dizaine d'enquêtes judiciaires ont été lancées par l'IGPN (Inspection Générale de la Police Nationale), un service chargé de contrôler le comportement des policiers. Ces événements alimentent les craintes d'une escalade de la violence et soulèvent des questions sur l'usage de la force par les forces de l'ordre.

Revendications et réponses

Les lycéens expriment leur mécontentement face à plusieurs problèmes, notamment le manque de professeurs remplaçant les absences dans les établissements. Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé la création d'une plateforme en ligne où les lycéens peuvent déposer leurs revendications. Cependant, cette mesure est jugée insuffisante par certains, comme Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU (Syndicat National des Enseignements de Second degré - Fédération Syndicale Unitaire), qui souligne l'urgence de résoudre les difficultés de remplacement des enseignants absents depuis deux mandats consécutifs. La situation est d'autant plus critique que les remplacements doivent être effectués dans un délai de 8 jours, ce qui n'est pas toujours possible en raison d'un manque de personnel disponible.

Ce que ça pourrait changer

Cette mobilisation s'inscrit dans un contexte politique et social particulièrement tendu, à six mois de l'élection présidentielle de 2027. Marine Le Pen, cheffe de l'extrême-droite française et candidate du Rassemblement National, est donnée favorite dans les sondages. Ce matin, elle a tenu une conférence de presse avec Jordan Bardella, son successeur à la tête du parti. Leur intervention a eu lieu alors que des cortèges de lycéens et d'étudiants se formaient dans plusieurs villes, dont Lyon, Marseille et Bordeaux. À Bordeaux, un cortège composé de lycéens, d'étudiants et d'adultes a défilé pendant trois heures, exprimant leur mécontentement face à la situation sociale et politique actuelle. Ce mouvement s'ajoute à d'autres tensions, comme celles liées à la loi *plein emploi*, qui impose aux bénéficiaires du RSA (*Revenu de Solidarité Active*) de réaliser entre 15 et 20 heures d'activité par semaine sous peine de sanctions.

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