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Vélo : coup de coeur pour le coup de pouce électrique

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 15 j

Particulièrement populaires chez les 55 à 74 ans, les VAE « démocratisent » l'activité physique..

Popularité croissante VAE

Les vélos à assistance électrique (VAE) connaissent une forte expansion au Québec depuis 2020. En 2020, ils représentaient 26 % des ventes de vélos pour adultes, un chiffre qui est passé à 31 % en 2025. Cette tendance s’explique par leur capacité à faciliter les déplacements quotidiens, comme le montre l’exemple de Sofia et sa famille, qui ont remplacé leurs deux voitures par un vélo-cargo à assistance électrique. Jean-François Rheault, PDG de Vélo Québec, souligne que les progrès technologiques, notamment l’amélioration des batteries, ont joué un rôle clé dans cette démocratisation. Les VAE sont utilisés pour des trajets variés, comme emmener les enfants à la garderie ou faire les courses, et offrent une alternative pratique aux voitures, surtout dans les zones urbaines.

Avantages pour la santé

Les VAE permettent à des personnes de tous âges de maintenir une activité physique adaptée à leurs capacités. Lynn Nadeau, 65 ans, a adopté ce mode de transport après une crise cardiaque en 2023, car l’assistance électrique lui permet de continuer à faire du vélo sans forcer excessivement. Son mari, Gérald, 74 ans, a également adopté le VAE pour compenser la baisse de ses réflexes. Selon Jean-François Rheault, 47 % des propriétaires de VAE au Québec ont entre 55 et 74 ans. L’assistance électrique réduit les différences de niveau entre les cyclistes, rendant le vélo accessible à un public plus large. Lynn participe désormais à des randonnées en groupe, ce qui lui permet de socialiser et de maintenir sa motivation.

Impact social et communautaire

Les VAE favorisent les interactions sociales et renforcent le sentiment de communauté. Sofia, qui utilise un vélo-cargo avec ses enfants, souligne l’empathie et l’esprit de convivialité qui se dégagent des échanges entre cyclistes. Robert Bélanger, 70 ans, s’est engagé dans l’organisme À vélo sans âge, qui propose des balades en cyclopousses à assistance électrique pour les personnes âgées ou à mobilité réduite. Ces activités permettent aux participants de retrouver une vie sociale souvent perdue après un déménagement en résidence. Robert, qui a acheté son VAE il y a six ans, combine ainsi bénévolat et maintien de sa forme physique.

Freins à l’adoption

Malgré leur popularité, les VAE rencontrent plusieurs obstacles. Sofia critique le manque d’infrastructures cyclables, notamment l’absence de réseaux express vélo (REV) dans son arrondissement, le Sud-Ouest de Montréal. Jean-François Rheault confirme que les pistes cyclables existantes, comme celle de la rue Rachel, sont souvent trop étroites ou mal conçues pour permettre un dépassement sécuritaire. D’autres obstacles sont financiers : un VAE coûte environ 5 000 $, ce qui le rend inaccessible à une partie de la population. De plus, les risques de vol dissuadent certains utilisateurs de le laisser sans surveillance. Enfin, 50 % des ménages québécois les plus aisés (revenu supérieur à 80 000 $) possèdent les deux tiers des VAE, révélant des inégalités socioéconomiques.

Solutions et perspectives

Pour encourager l’adoption des VAE, Jean-François Rheault propose des mesures comme des subventions à l’achat, similaires à celles accordées pour les voitures électriques, ou des systèmes de location de longue durée, inspirés des modèles européens. Vélo Québec travaille également à la création de formations spécifiques pour les aînés, afin de promouvoir une utilisation sécuritaire des VAE. Une première formation sera lancée à Montréal en septembre 2024, puis étendue au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Ces initiatives visent à rendre les VAE plus accessibles et à sensibiliser le public à leurs bienfaits, tout en répondant aux défis d’infrastructure et de sécurité.

Ce que ça pourrait changer

Un flou persiste dans la réglementation québécoise concernant les VAE, ce qui suscite des inquiétudes. Les utilisateurs comme Lynn Nadeau et Robert Bélanger soulignent la nécessité de clarifier les règles pour éviter les malentendus, notamment sur la vitesse maximale autorisée ou l’obligation de porter un casque. Jean-François Rheault insiste sur l’importance de ces précisions pour garantir la sécurité des cyclistes et encourager une adoption sereine. La question de la réglementation reste donc un sujet d’actualité pour les autorités et les associations cyclistes.

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